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 Lo Par, lo Paire e lo Pairin

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LeGueux
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MessageSujet: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Sam 13 Fév - 0:15

Il la connaissait par coeur, et pourtant ne cessait de la relire, chaque matin, au reveil, pour ne pas oublier.

Oh il ne lui avait rien dit. Il ne lui avait plus rien dit d'ailleurs. Trop désarçonné pour savoir quoi dire, que faire. Le monde avait changé ce jour là, lui aussi.

Un perle translucide descendit le long de sa joue. Il l'essuya rageusement. Non ! Il s'était fermé, n'était plus que Montjoye, ou récemment une machine à tuer.

La croisade lui avait permis de la soustraire à sa vue, cela lui était devenu insupportable. Il s'était lancé à corps perdu dans les mêlées, cherchant la mort dans tous les recoins des batailles, pour finir il ne l'avait trouvé que partiellement, après avoir occis son lot de piétaille adverse.

Entre deux charcutages de médicastres, il avait eu le temps d'y penser. Il voulait savoir. N'y avait il que celle là ? Les autres ?

Foutus crétins de médicastres. Incapables. Même pas foutus de lui confirmer ce qu'il sait. Les chairs blanches boursouflées, les plaies qui suppurent sans arrêt. Ils croient que c'est sa première campagne ? Aujourd'hui il ne sent plus son épaule ni son bras. Il est mort ce bras.

Il relut encore une nouvelle fois la lettre inachevée. Maudits soient ils. Tous !

Il avait faussé compagnie aux médicastres et aux moines de Psalmody peu après la minuit, l'avant veille. Le Costières bu avec Tolosa avait fini de le décider, du moins lui avait donné suffisamment d'ivresse pour trouver la force de partir.

Un équipage discret, pas d'arrêt en ville, pas même de passage. Ne pas raviver le passé, ne pas se remémorer les instants heureux, ce serait les regretter.

Malgré tout, au passage, il ne put s'empêcher de jeter un regard à la cathédrale St Nazaire, juchée sur sa colline, dominant la plaine de l'Orb. Besièrs... Nouvelle perle, nouveau geste rageur, il s'était promis de ne pas...

Puis Capestang, puis plutôt que de piquer vers Narbonne, ils avaient tiré tout droit à travers les Corbières. et enfin, étaient descendu dans les Fenouillèdes.

Ils s'étaient arrêtés, peu avant d'arriver, pour camoufler son bras, mais surtout prétexte inavoué pour prendre du repos.

Puis étaient repartis, se rendant directement au siège de la vicomté.

Il descendit du coche, la missive à la main, et avant que les laquais locaux aient eu le temps de s'enquérir, il cria :

Cristòl de Sìarr !

Lo vòstre Pairin demanda a veser vos !

Un regard peu amène à la valetaille locale et il ajoute sur le même ton, s'adressant plus à eux en fait en agitant la main avec la missive un peu comme une menace :

Sulcòp !
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Cristòl
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Mer 17 Fév - 17:36

Comme à chaque mois de février, Cristòl avait le coeur en berne, car c'était l'occasion de se rappeler que Margot était morte... À la fin février, pour ses derniers moments. Et c'est alors que l'un d'entre eux dit calmement :

BONHEUR À TOUS ! Bonheur à ceux qui vont survivre.*

Bonheur à ceux qui vont survivre... Quelle cruauté ! Survivre à ce qu'on a de plus cher, y a-t-il pire supplice ? Cristòl roulait sans cesse la lourde pierre de ses regrets vers un sommet, au-delà duquel cela serait moins lourd, de l'autre côté duquel l'espoir était permis. Et chaque fois qu'il arrivait presque tout en haut, ses regrets dégringolaient pesamment, et perdant son emprise sur eux, les laissaient rouler, en bas, tout en bas, l'entraînant avec eux dans les abysses.

Cristòl avait tendu ses lèvres vers le bonheur, à portée de main, sans jamais pouvoir l'atteindre. Il avait avancé sa bouche vers les doux nectars de la volupté, et ils s'étaient dérobés à lui. Cristòl, chaque jour, emplissait son cœur de bonheurs, de joies qu'il cherchait dans chaque fleur, chaque flocon, chaque brise aimable. Et jamais pourtant l'on ne pouvait dire qu'il y avait quelque bonheur que ce fût dans ce cœur, car sans cesse le bonheur tombait, et le cœur de Cristòl était béant, béant de douleur, béant de tous les coups qu'on y avait portés. Cette chienne de vie ! Il y avait un trou au milieu du coeur, un coeur-passoire, ce coeur des Danaïdes qui jamais ne serait plein de bonheur. Il fallait le recoudre, mais avec quoi ?

Il doutait de tout. Margot l'avait réuni à Paula de la plus étrange et belle manière qui fût : l'impromptu de la Fleur d'Òc, en Si majeur.

Si. Si Cristòl avait su aimer Margot comme il l'aurait voulu.
S'il avait su la guérir de ce mal qui l'habitait, qu'il n'avait jamais compris.
S'il avait su la protéger de ceux qui en avaient après elle... S'il avait su qu'il y en avait pour lui vouloir du mal, à cette si belle, si sainte femme !
S'il avait su la venger. S'il avait su retrouver son assassin.
S'il avait su faire honneur à son legs. S'il avait su ceindre un nouveau front de la couronne vicomtale de la Fleur d'Òc. S'il avait su passer cet anneau béni et chéri au doigt d'une autre.
Il l'avait fait, en vérité. Dans cet impromptu de la Fleur d'Òc. Une nouvelle Fleur occitane était née. La Fleur de Sìarr, qui porterait un jour sa couronne, peut-être ? Seule une Fleur pouvait succéder à une autre.
Et l'anneau ? Peut-être était-ce la raison pour laquelle il ne pouvait plus épouser quiconque. Chaque mois de février, depuis tant d'années maintenant, il y pensait, à ce legs qu'il n'honorait pas... Parce qu'il l'avait déjà honoré ? Parce que tout était joué d'avance ? Au nom de sa marraine, il avait trahi son parrain. Sans même s'en rendre compte, parce que l'une avait tant de place dans son cœur, parce que l'autre vivait en Paula, parce que Paula était sa marraine et son parrain, parce que l'aimer, désormais, c'était les aimer tous deux.
Si cette union était consacrée... Oui, si cette union était consacrée, alors véritablement, une Fleur succéderait à une autre.

Mais l'ombre demeurait sur son cœur, hors de ces mois de février où il songeait à Margot et nulle autre, à Aimelina, ses deux Fleurs, dont l'une peuplait ses jours, l'autre ses nuits ; car l'une était vie, et l'autre était mort, quoique la première fût toujours de blanc, et la seconde, aux cheveux de jais ; hors de ces mois où il songeait à cette alliance sacrée, à cette couronne en vacance.

Hors de ces mois de février, il n'était que remords et blessure, peine et honte... Secret et réclusion. Chaque pas qu'il ferait dans le Monde le condamnerait un peu plus, il en était certain. Mais comment, alors, voir cette petite Fleur qu'il avait engendrée, d'où lui venait tant de mal et tant de bien ? Il y avait cru, vraiment, lorsqu'il s'était arraché à sa retraite pour les allégeances à Ryllas. Mais il avait aussitôt regretté. Regretté de s'être cru autorisé à une telle prétention. Autorisé à venir troubler Paula, dont il n'avait jamais souhaité le mal, et qui portait désormais un fardeau comme jamais il n'en porterait, car il n'avait jamais promis à quiconque une fidélité qu'il eût trahie par la suite. Combien lourd devait être un tel fardeau !

Parfois, Cristòl se demandait comment il pouvait attribuer à la si Sainte Margot la responsabilité d'un péché si grand aux yeux de l'Eglise. Comment il avait la lâcheté de penser que par elle était venue Aimelina, comment il réussissait à se dédouaner d'une faiblesse charnelle aussi impardonnable que celle-là qui avait entaché un sacrement donné devant le Très Haut.

Mais le mal était fait, et un jour viendrait où le souvenir même de ce mal mourrait, avec lui, avec Paula, avec les deux seuls témoins de ce péché. Du moins Cristòl le croyait-il, l'espérait-il... Il faudrait tout purifier, et il n'est d'autre purification que par le feu.

Dans la grande salle du château à Saint-Paul de Fenouillet, dont il avait presque totalement achevé la reconstruction désormais, il caressa son épée, Sowila. Paula et LeGueux l'avaient reforgée ensemble. Ils étaient unis, pour la vie, dans cette lame vivante, criante, brillante. Ils y avaient mêlé leurs sueurs, tout comme Cristòl avait mêlé la sienne à celle de Paula... Car en fin de compte, ces trois-là étaient unis par tous les liens qu'il était possible d'imaginer entre trois êtres – en bien, comme en mal. La flamme purifiait-elle ? À défaut, la lame le ferait. Mais le Chevalier de Sìarr pouvait-il encore espérer mourir l'épée au poing pour une juste cause, désormais qu'il fuyait toutes les causes, tant les viles que les saintes ?
Il n'était pas allé en Provence. Les allégeances qu'il croyait être un espoir de retour au Monde, l'enterrèrent plus que jamais dans le cercle des retirés, des ermites, des absents pour leur bien.

Il n'était pas allé en Provence. Mais un autre y était allé. Son Parrain, ce Pair qui l'était devenu par son parrainage. C'était la seule chose réellement bien que Cristòl ait faite en faveur de son parrain. Et encore... Avait-ce été profitable à cet homme de bien, de courage et de hauts faits d'armes, de rejoindre le cercle des léthargiques conseillers du Roi ? Mais cela ne faisait pas partie des questions que le Pyrénéen se posait. C'était une chose sur laquelle il ne s'accordait pas de doute, car sinon, son échec aurait été total, vis-à-vis de celui qui lui avait appris tout ce que son père n'avait pu lui apprendre. Ce Pair – ce Père.


-« Cristòl de Sìarr !

Lo vòstre Pairin demanda a veser vos ! »


Les mots avaient jailli à l'extérieur, dans le froid hiver. Une voix si connue, tant aimée... Et si peu amène. Suivie, d'un ton à peine différent :

-« Sulcòp! »

Et Cristòl, ouvrant la fenêtre, vit un équipage. Son Parrain ne voyageait plus à cheval, ou avait-il quelque mal, ou quelque autre raison – une compagnie féminine, peut-être, qui aurait justifié un coche ?
Mais en son cœur, Cristòl savait être dans l'erreur, avec cette pensée. Son parrain était seul, ou du moins, sans compagnie notable. Rangeant son épée au fourreau, le Chevalier de Sìarr passa une cape, et sortit accueillir, heureux malgré la surprise, son Parrain.


-« Adissiatz, lò meu car pairin ! »

Lança-t-il, d'une voix enthousiaste qui, sur la fin, défaillit, ne parvenant pas à être tout à fait convaincante.

*[Eternel hommage à Louis Aragon et Missak Manouchian.]

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LeGueux
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Lun 22 Fév - 12:41

Le ton enjoué désarçonna un instant le Coms, qui ne s'aperçut pas du coup du changement final du ton, le temps de répondre un Plan, plan, filhol plus réponse automatique presque murmurée que réelle réponse.

Du fond de son état fiévreux, il ne lui était pas venu à l'idée que son filleul n'avait aucune idée de la raison de sa visite, et le temps de la réponse lui imposa cette évidence.

Le contact du vélin toujours dans sa main lui rappela avec acuité la dite raison et le poussa a continuer, de la manière où les années passées en discussions et autres négociations le lui avaient appris. En temps normal il n'aurait pas tenté ceci avec son filleul, mais les temps n'étaient plus normaux depuis quelques temps déjà. La gangrène provençale n'avait rien arrangé.
Ayant donc l'impression d'avoir repris ses esprits et la maitrise de lui même il reprit d'un ton presque badin, comme si la chose était évidente, sue, connue :


Novàs de teuna drolleta ?
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Cristòl
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Mar 23 Fév - 3:38

Le ton badin trompa-t-il Cristòl ? Il renvoya un sourire à son parrain. Mais son cœur s'était fendu en une plaie béante. Seuna drolleta. Quel était le reproche que cachait cette question ? Qu'il était mauvais père, qu'il ne s'en occupait jamais, au grand jamais ?

Il ne l'avais pas vue une seule fois. Il aurait pu, il aurait dû. Il avait toujours fui. Pendant des années, des années sans voir bien des gens. Des années, et désormais, alors qu'il revoyait son parrain, qu'il avait imaginé la grande joie que ce pourrait être, de se retrouver face à cet homme bon et admirable, cet homme aimé, cet homme respecté, le jeune Sìarr prit peur et honte.

Honte de n'avoir été ni bon père ni bon filleul. Honte d'avoir fait à cet homme, ce parrain, ce Pair, un affront connu de lui seul, mais dont il se sentait coupable devant le monde entier.
Paula ne l'aura pas trahi.
Mais alors qu'il voulait répondre à son parrain, en fin de compte, ses tripes plongèrent.


-« La meuna drolleta. Es la meuna. »

Une voix catégorique, qui pouvait prendre bien des sens : C'est ma fille, et quoi qu'il arrive, elle le sera, même si je ne peux la voir, l'éduquer, l'aimer ! mais aussi, c'est moi, c'est la mienne, ce n'est celle de personne d'autre, et tu ne sais rien, elle est mienne, elle est ma faute, ma douleur, mon plaisir !

Un nouveau sourire crispé, mais c'était son parrain, et toute honte bue, il ne pouvait que l'aimer, et l'aimer davantage encore, désormais qu'il le plaignait et se mortifiait.


-« Dintra, pairin. Conta me las novàs. »

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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Jeu 25 Fév - 2:16

L'épée qui l'avait tranché de l'épaule au coude lui avait fait mal certes, mais n'avait pas tranché son coeur, telle la missive inachevée dans sa main, qui avait atteint son âme en son siège.
La plume est plus forte que le fer. Et la parole parachève parfois le travail.
Car l'âme parfois s'accroche aux lambeaux de coeur, là où résident des espoirs insensés quand la raison disparait.
Et la lame acérée, fière et laconique de ces paroles trancha délicatement le reste d'âme qui habitait son coeur fiévreux, parachevant définitivement le travail de la missive.

Il sentit ses yeux s'humidifier. Non ! Sa main se crispa sur le vélin, le froissant un peu. Sans faire mine d'avancer vers l'entrée, il répondit :


Nòvas ? Aicì son !

Il jeta le vélin vers la figure de filleul et enchaina, en occitan, sur un ton de récitation mécanique :

Cristòl, mon si cher Cristòl,...

Le temps a passé depuis ce jour. Inexorable. Implacable. Voilà des mois que je repousse l'inévitable, que j'essaye de vous écrire mais que rien ne vient. Des mois que je suis incapable de faire ce que je devrais... Vous avoir revu dernièrement a achevé d'abattre mes dernières réticences et m'a persuadée que le moment était venu. Je ne l'ai que trop retardé, pensant le faire pour le bien de Lineta alors qu'en fait c'était moi que je préservais.


Je ne sais pas vraiment par où commencer, mais je sais désormais que je n'ai plus le droit de retarder le moment où vous verrez enfin votre enfant, votre petite Aimelina, notre petite fille. Elle a grandi. Et elle est belle et douce. Si belle à mes yeux que je m'en veux plus encore de vous l'écrire et de vous avoir empêché de la connaître tout ce temps... Je m'en veux de vous avoir donné pour seule nouvelle, cette lettre que je vous avais écrite pour vous annoncer sa naissance. Je m'en veux de vous avoir empêché finalement d'être le Père merveilleux que je suis persuadée que vous auriez été, que vous êtes pour elle. Mon cœur et mon âme sont lourds de ces fautes, de ces erreurs que j'ai commises en vous empêchant d'établir ce lien prodigieux qui lie un enfant à ses parents. Je vous l'ai volé. Je vous l'ai volée. Et je me suis punie en étant sa Mère sans l'être. Parce qu'elle ne sait pas Cristòl. Elle ne sait rien. Je l'ai voulue innocente, préservée. Pardonnez-moi, je vous en supplie. Pardonnez ma bêtise, mon égoïsme...


Tout comme l'encre était diluée d'eau vers la fin du texte, la voix se cassa après cette longue récitation.
Il entrepris de retirer le gant de son bras inerte en disant d'une voix très rauque et basse au départ et qui finit presque en cri venu du plus profond de lui :

Co... Consì as pogut ? Consì as gausat ?
*

Le gant partit selon la même trajectoire que le vélin. Le Roy d'Armes se détourna, et, sans plus regarder son filleul, mais fixant son scribe donna une série d'instructions, le mécanisme lui faisait du bien :

L'espasa, mai aicì, a l'ara. Seretz meu vesent. Per ieu, cal fornir una espasa, Diplomacia es abrinat... mas lo sabètz.**





Allez, parce que je suis gentil :
* Comment as tu pu, comment as tu osé.
* * L'épée, Ici même, sur le champ, vous serez mon témoin, il faut me fournir une épée, Diplomacia est brisée... Mais vous le savez.
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Cristòl
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Jeu 25 Fév - 23:51

Cristòl, se baissant pour prendre la lettre, entendit la voix de LeGueux, et ne comprit pas, tout d'abord, quels étaient les mots qu'il prononçait - que ce n'étaient pas les siens.
Ses yeux se posant sur la lettre - c'était en vérité un brouillon, de ces correspondances non expédiées - , son sang se glaça. Il entendait à demi la récitation de son Parrain, et à demi était ailleurs, dans la courbure de la plume sur le papier, la plume de Paula. Il sut, à cet instant, que rien, plus rien, ne pourrait arrêter la marée. Les chevaux étaient lancés, et le débit monocorde de LeGueux n'était qu'un avant-goût.

De quand datait la lettre, et quand LeGueux l'avait-il eue, quand avait-il su ? Et pourquoi, pourquoi Paula avait-elle fait preuve d'autant d'imprudence, de négligence ! C'était une faute qui appartenait à leur passé. C'était une faute dont Cristòl avait déjà voulu se repentir mille fois. Des confessions, des pèlerinages...

Cela appartenait au passé ! Il y avait du déni dans le sang, dans la chair, dans toutes les pores de la peau de Cristòl. Quelle belle lettre... Et quelle cruauté. Et les mots de son Parrain. Comment avait-il pu, comment avait-il osé ? Il n'avait pas pu. Il n'avait rien osé.

Le gant le brûla. Les instructions données au scribe lui firent exploser le cœur.


-« Es endevengut. Es endevengut, es pas la nòstra peca... Es endevengut, es l'endeven. L'endeven ! L'endeven de la Flòra d'Òc, LòGus... »*

Et Cristòl cria en direction du Château, à l'adresse de son intendant Astruc, ces si fidèles Astruc qui avaient toujours servi la maison Sìarr. Quelques heures plus tard... Qui sait si la maison de Sìarr ne serait pas éteinte ?
Cristòl se soumettait à l'ordalie, car il voulait savoir, savoir si c'était sa faute, vraiment sa faute. Et son cœur se serrait, de se dire qu'en fin de compte, oui, ce serait peut-être bien ce que dirait le jugement de Dieu.

Sarnin Astruc accourut. Le bouclier. Les gants.


-« Al vilatge. Al plò. »

Il n'y avait que quelques dizaines de mètres à descendre, du château. Sur la place, ils se battraient, sous l'oeil des habitants de la vicomté. Ils se battraient à outrance, et le Comte du Gévaudan, en sa qualité d'offensé, donnerait le premier coup.


*C'est arrivé. C'est arrivé, ce n'est pas notre faute à nous... C'est arrivé, c'est le destin. Le destin ! Le destin de la Fleur d'Òc, LeGueux...

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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Mer 3 Mar - 1:15

L'épée était finalement bien équilibrée. Oh cela ne valait pas la passion qu'avait Paula dans la sienne, mais quoi, les morceaux ramassée à Brignoles ne pouvaient plus servir.
Serviraient ils un jour de nouveau ? Pas pour lui. Il ne la reforgerais que pour son fils, s'il le faisait.

Il n'avait rien répondu à Cristol quand celui ci avait clamé son "innocence".
Désormais sur la place, écu plus pendu que réellement tenu, le bandage passant les courroies aidant bien à la tenue, il leva l'épée.
Un regard aux badauds, c'était presque jour de foire pour eux, té...
Les témoins firent signe.

Il répondit enfin qu'il n'avait pas apprécié la référence à le Fleur d'Oc:

Cristòl de Sìarr, mescletz pas la Flòra d'Òc amb vòstre gossós malvivent !
Al paradìs solelhenc, daissatz la sojornar de patz !
*

Alors qu'il prononçait les derniers mots, il se fendit et porta un coup de taille qui vint heurter l'écu du vicomte, alors qu'il criait presque "Patz".

Se replaçant, il murmura :
Macarel de Macarel, pas podedis aquò !*





Cristol de Siarr, ne mélez pas la Fleur d'Oc à votre personne luxurieuse et désagréable. Laiisez la reposer en paix au paradis solaire.

Macarel de macarel, gné pas possib' ça !
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Cristòl
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Mer 3 Mar - 21:20

Avec l'aide de Sarnin Astruc, le Chevalier de Sìarr avait accroché son bouclier, et tenait bien fermement Sowila, son épée, sa bâtarde. Un duel pour une bâtarde...

Cristòl ne s'attendait pas à garder longtemps le bouclier, car il serait plus à l'aise à deux mains sur le pommeau de Sowila. Dos à LeGueux au moment où celui-ci se préparait, il n'avait pas vraiment vu comment celui-ci tenait son bouclier. Mais dès le premier regard, il lui vint en tête que quelque chose n'allait pas. Son parrain, ce grand guerrier...

Sarnin Astruc se recula. Fit signe, avec le témoin du Comte du Gévaudan. Le combat s'engagea.

Cristòl reçut sa première blessure - au coeur. Les mots de LeGueux, les mots qui montraient bien qu'il n'avait pas compris, qu'il était impossible de comprendre la communion qui les avait unis, Paula et Cristòl, quelques années plus tôt, dans la mémoire exaltée de Margot. Pourtant, il eut envie d'essayer.

D'un coup de bouclier, évitant la touche, il riposta, sans vigueur, car enfin il n'avait pas envie de se battre. Il voulait lui expliquer. Il espérait encore faire comprendre à LeGueux. Et sinon, que ce soit LeGueux qui le tue, quelle perte cela serait-il, après tout ? Il n'y avait que du désespoir dans la vie de Cristòl, alors, qu'importe que la mort vienne !


-« Èra son legat ! Èra son anèl esposadìs ! »*

Et le coup tomba sur le bouclier de LeGueux. Ne peux-tu comprendre, bon dieu !

*C'était son legs ! C'était son alliance !

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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Ven 5 Mar - 1:38

Mais qu'est qu'il raconte... Drole de sensation dans le bras mort qu'il na même pas cherché à soulever. Il a à peine ressenti le coup.

Le Roy d'Armes répond alors à son filleul :


Oltracuidatz, meu baug ! Qu'es aquela desbibolada ?
Perqué reborrar la vòstre peca devers une profemna morta ?
Ont es lo vostre pretz ?
*

il lança son attaque avec rage, d'une force équivalente à celle qui avait presque coupé un provençal en deux il y a peu. Le provençal n'avait pas eu de bouclier, Cristòl si. Le provençal n'était pas chevalier, Cristòl si.
Heureusement pour lui.
Le choc remonta dans le bras du Roy d'Armes jusqu'à l'épaule. L'épée laissa sa marque sur l'écu, le tordant quelque peu.
Diplomacia l'eut fait exploser, pensa t'il rapidement, puis un éclair de compréhension, l'alliance de la Fleur d'Oc... L'exécuteur testamentaire, l'héritier, Paula, Cristòl....
Il posa la question en prenant une posture défensive, d'une voix devenue subitement plus douce et calme, passant aussi brusquement du vouvoiement au tutoiement.


Endevengut quora te lo balhèt ?**

*Vous divaguer, mon fol, que sont ces élucubrations ?
Pourquoi rejeter Votre faute sur une défunte femme exemplaire ?
Ou est votre esprit chevaleresque ?
(NDLR : Pretz : une des valeurs courtoises occitanes, à rapprocher de preux en Français - sous réserves hein ^^)

**C'est arrivé quand elle te l'a donnée ?
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Polstephie
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Ven 5 Mar - 20:27

Le voyage s'était passé finalement facilement. Elles n'avaient pas eu trop de mal à changer de coche et tout c'était bien passé. Paula tremblait un peu de cette rencontre, mais elle avait le pressentiment que Cristòl accueillerait très bien sa fille. Elle était persuadée, au fond de son cœur, qu'il l'aimait déjà cette Petite Fleur.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Après tout, c'était l'enfant de Margot. Tout du moins dans l'esprit quelque peu dérangé de la Comtesse. Car si le Très Haut avait béni cette union d'une enfant c'était parce qu'il l'approuvait finalement, et parce que Paula n'avait été en fait que la matrice, que la porteuse de vie. Des années qu'elle y pensait et repensait. Des années que son esprit avait échafaudé tout ceci, qu'elle l'expliquait ainsi.

C'est Margot qu'elle avait Aimée charnellement à travers Cristòl, et c'est Margot que Lui avait Aimé en elle. C'est Margot qui les avait réunis, Margot qui les avait unis, Margot qui les avait liés l'un à l'autre, irrémédiablement. Cette enfant, c'était celle de Margot avant tout. Oh, bien entendu pas au même titre que Jehanne Elissa. Mais cette enfant, Paula la voyait comme l'enfant de l'Amour de Margot. Il lui avait été si facile de l'Aimer après qu'elle l'ait mise au monde en Touraine. Il lui avait été si facile même de l'enfanter !

Tout avait été si différent d'avec ses autres enfants. Lop-Guilhem en naissant avait réconcilié Paula avec la Maternalité. Mais c'est avec la maternité qu'Aimelina l'avait réconciliée.

Paula sourit en regardant Aimelina, cette si petite fille, SA petite fille. Et qui ne savait même pas qu'elle était sa véritable mère. C'était une punition terrible en réalité que de l'élever sans pouvoir lui dire la vérité. Mais il en allait avant tout du bien-être de l'Enfant, et de l'Amour qu'elle portait à Son Époux. Car s'il était une chose qui aurait pu paraître étrange, c'est que Paula n'avait jamais cessé d'Aimer Celui qui partageait sa vie, Celui à qui elle s'était donnée pour la première fois. En dehors de Cristòl, elle n'avait jamais connu aucun autre homme que son Époux. Et même Cristòl, finalement, comptait sans compter.

Elle avait été si blessée quand elle l'avait vu, peu à peu, se détacher d'elle. Elle était entrée à la Hérauderie, parce que cela coulait de source, parce qu'elle aimait y travailler, parce qu'elle avait été formée pour cela, mais aussi pour se rapprocher un peu de Lui. Et finalement, cela les avait encore plus éloignés l'un de l'autre. Il était si souvent parti de la maison qu'Il n'avait jamais vu qu'elle avait porté une nouvelle fois la vie. Sans quoi elle Lui aurait tout dit sans doute... Mais Il n'avait rien vu. Et n'avait pas émis d'objection quand elle s'était exilée en Touraine quelques temps. Le temps de mener sa grossesse à terme et d'enfanter. Le temps de profiter un peu de son Enfant, avant de s'en arracher tout en la conservant à ses côtés. Elle avait peu menti à son Époux conservant la petite. Cette idée la répugnait trop. Et pourtant, elle n'avait pas dit la vérité. Jamais...

Et c'est perdue dans ces pensées, ces pensées qui étaient siennes, qu'elles entrèrent dans le village au pied du Château des Fenouillèdes. Les lieux avaient changé depuis la dernière visite de la Comtesse. Mais ce qui l'étonna encore plus, ce fut l'attroupement sur la place principale du village. Un attroupement qui les empêchait de se rendre dans la demeure de Cristòl. Un attroupement qui faisait obstacle aux Retrouvailles de personnes s'aimant et s'Aimant et auquel elle ne prêta tout d'abord pas tellement d'attention, se contentant de pester intérieurement contre ce retard inattendu.

Sourcils froncés, la Comtesse décida de mettre pied à terre pour franchir les derniers mètres la séparant de son Maître, du Père de Lineta. Elle descendit du coche, demandant au conducteur de filer au Château dès que cela lui serait possible, pour y déposer les quelques bagages qui les accompagnaient. Puis elle se retourna pour aider Aimelina à descendre en lui prenant la main.

Main dans la main, les deux silhouettes se dirigèrent alors vers l'attroupement. Sans savoir que leurs pas les menaient alors vers leur Destin.
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Cristòl
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Sam 6 Mar - 0:08

Un grand « clong » résonna, et il sentit que son bras était ébranlé au-delà du raisonnable. Le bouclier était fendu, mais non encore hors d'état. Il faudrait prendre garde, oui... Il le faudrait bien, car ce n'était plus qu'une maigre défense. Mais une défense, encore.

Et son Parrain qui l'attaquait sur le Pretz. Non, non ! Toutes ces valeurs qu'il n'avait jamais cherchées, qui lui étaient tombées dessus, avec tout ce monde torve et corrompu... Et pourtant, de toutes les valeurs du Monde, les valeurs occitanes étaient encore celles auxquelles il croyait le plus. Une nouvelle blessure du cœur, plus que du corps.

Son adversaire lui faisait face désormais en position défensive. Même son discours, à cet instant, tourna enfin en la faveur de Cristòl, car ce n'était plus un assaut... Juste une question, une tentative de comprendre.
Cristòl leva sa lame, prêt à attaquer, et répondit, étourdi, inconséquent :


-« Òc... Cargava l'anèl. Lò legat de la Flòra d'Òc. Son amor. Mon amor. »*

Pourquoi fallait-il réveiller ce qui était enfoui, ce qui faisait souffrir le plus durement du monde ?

-« ... Mon subramor. L'amor de Paula. Per-amor de Margarida... Nòstres dos amors, aquel comun amor. Cargava l'anèl de Margarida, LòGus ! Èra Margarida ! L'amorejavi, per çò qu'èra Margarida. »**

Pas une fois, alors que son cœur parlait, le Chevalier n'imagina combien ses mots pouvaient se retourner contre lui - l'outrage fait à la mémoire de la si sainte et pure Fleur d'Oc... Et peu importait à Cristòl que son peuple entendît ses travers ou sa folie, s'il y avait une chance, une seule chance, que LeGueux comprît et cessât le combat. Il l'assaillit, sans conviction, parce qu'il lui fallait frapper pour que LeGueux prît la main et décidât de la suite à donner au duel qu'il avait provoqué. Il visa, et atteignit, le bouclier.



*Oui... Elle portait l'anneau. Le legs de la Fleur d'Oc. Son amour. Mon amour.
**... Mon excessif amour. L'amour de Paula. Pour l'amour de Margot... Nos deux amours, cet amour comun. Elle portait l'anneau de Margot, LeGueux ! Elle était Marguerite ! Je lui ai fait l'amour [mot péjoratif en occitan - "je l'ai baisée" ? - mais avec l'étymologie "amor" commune aux autres mots du discours de Cristòl. "Faire l'amour" est donc la meilleure traduction française, quoiqu'imparfaite.], parce qu'elle était Marguerite.

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Aimelina
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Dim 7 Mar - 17:05

[Après un long et étrange voyage]

Aimelina, dix ans, difforme, orpheline de mère. C'est tout ce qu'elle savait d'elle-même, la petite. Elle savait aussi que son père s'appelait Cristòl de Sìarr et ne voulait pas la voir. Pourquoi donc ? Était-elle si repoussante ? Était-ce si difficile, de s'arracher aux Pyrénées pour venir la voir chez les Alanha à Montpelllier ?
La petite Aimelina avait poussé tant bien que mal, sans comprendre tout à fait ce qui repoussait son père - ou s'il était lui-même trop repoussant pour qu'on osât le lui présenter.

Quand sa mère - adoptive, dans sa tête, c'était clair - Paula lui annonça qu'elle allait voir son père, elle en eut, au fond de son jeune cœur, un petit frisson. Qu'était ce revirement ? Y avait-il quelque chose de changé ?

Et surtout : comment sera-t-il ? M'aimera-t-il ? Où vivrai-je désormais ?

Beaucoup de questions, qu'elle garda par devers ses lèvres, ses petites lèvres fines. Le voyage et les cahots les menèrent jusqu'aux contreforts pyrénéens où sa mère Paula lui indiqua qu'elles étaient toutes proches, quasi-arrivées.
Mais la voiture s'arrêta. Oh, non ! Pas si près du but ! Fallait-il donc que jamais elle ne vît son père ?


-« Pourquoi on s'arrête, maire ? »

Paula l'avait prise par la main et faite descendre de voiture, pour marcher, vers une foule. Aimelina connaissait mal la foule. Tant de visages, et tous différents ! Les hommes d'ici ne semblaient pourtant pas plus étranges que ceux d'ailleurs.

_________________
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Polstephie
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   Mar 16 Mar - 18:10

Aimelina a écrit:
-« Pourquoi on s'arrête, maire ? »

Paula avait tourné son visage vers Lineta et lui avait souri en s'accroupissant.

Lineta...

Nous nous arrêtons parce que je ne souffrirais pas de retard dans ce que je m'apprête à faire et que je ne veux pas te séparer plus encore de ton papa. Nous allons donc continuer à pied afin de le rejoindre au plus vite. Parce que le coche ne peut pas passer.

Tu veux bien m'accompagner à pied ?


Et elle embrassa sa petite fille sur le front avant de continuer à avancer. Elles n'avaient pas encore brisé le cercle des badauds mais Paula reconnut en cet instant le bruit si caractéristique d'un combat à l'épée... Sans qu'elle sache pourquoi, elle trembla. Ses gestes se firent mécaniques alors qu'un étrange pressentiment s'emparait d'elle. Elle hâta le pas, entraînant Lineta dans son sillage sans toutefois trop la brusquer. Et dans quelques instants elle saurait et verrait. Et tout le reste de sa vie elle porterait le poids de Cet Instant.
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MessageSujet: Re: Lo Par, lo Paire e lo Pairin   

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