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 [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte

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Cristòl
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MessageSujet: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Ven 13 Fév - 20:25

Cristòl savait qu'il aurait beaucoup à faire dans les prochains jours - beaucoup à organiser, bien sombrement. Quoiqu'il vînt d'être réélu au Conseil comtal, il ne pouvait remettre à plus tard la prise en main des Fenouillèdes - c'eût été risquer la même douloureuse félonie qu'à Saint-Félix, d'autant qu'il n'avait encore aucuns fidèles inconditionnels encore, à Fenolhet.

Quand il arriva, il commença par visiter l'ancien château, qu'une poignée de serviteurs et villageois avaient dépoussiéré et remis en état, à savoir vérifié la charpente, les gonds des portes, voire les changer, lorsque le besoin s'en faisait sentir, et orner les murs de quelques tentures. Elles n'étaient ni riches ni neuves, mais cela étoufferait un minimum la froideur de la pierre.

Cristòl, dans le donjon, trouva la pièce qu'il résolut d'habiter pour lui, et la première chose qu'il fit fut de ranger la boîte qui contenait la matrice de son sceau.




Légende en latin : +S:CHRISTOPHORI:SIARRIS:E:FRUCTU:ARBOR:COGNOSCITUR

Puis il demanda à voir le compoix de la vicomté, qu'un clerc du Languedoc ayant résidence au village avait conservé, durant la vacance à la tête de la vicomté.
Alors, il plongea dans son étude, activité fastidieuse, mais nécessaire.
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Cristòl
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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Lun 4 Mai - 3:34

Autres temps, autres troubles... Et funestes tâches. Le Vicomte, à ses affaires, posa copie des funestes lettres qu'il faisait, pour les funestes événements dont il était encore l'acteur.
Ah, quand tout ceci finirait-il !
Il roula les doubles des lettres qu'il avait envoyées, et rangea ces rotulus dans son bureau, avant de se lever, et regarder par la fenêtre. Que les Fenouillèdes étaient tranquillement belles...


Citation :
'Bourgogne',

Étant désormais tuteur de la Baronne de Malpertuis, je vous fais parvenir l'allégeance de cette terre à la Couronne de Bourgogne.

J'aimerais également savoir s'il est possible à un tuteur d'octroyer une seigneurie sur une terre dont il a la tutelle par sa pupille, car dans les dernières volontés de la défunte baronne de Malpertuis se trouvait le vœu que soit octroyée une seigneurie à l'archevêque de Lyon, en échange de la consécration & de l'entretien spirituel d'une chapelle à Montrenart, lieu dit de Malpertuis.

Si cela est possible, il me faudrait alors savoir quelle seigneurie peut être octroyée en vassalité de la baronnie de Malpertuis.

Cordialement,

Cristòl de Sìarr
'Lengadòc'

Citation :
De nous, Cristòl de Sìarr, triste tuteur de Jehanne Elissa Raphaelle de Volpilhat, Baronne de Malpertuis encore au berceau,

A vous, Verbam, Duc de Bourgogne,

Salut & Paix.

Par la présente nous vous annonçons tout à la fois l'infortuné & tragique décès de Son Altesse Marguerite Charlotte Victorine Corteis de Volpilhat, Infante de la Couronne d'Aragon, Vicomtesse de Cauvisson, Baronne de Malpertuis, Dame de Vaux-le-Vicomte, & vous présentons, au nom de sa fille dont nous avons hérité la tutelle, quoique nous eussions préféré que sa mère vécût & que l'enfant n'eût pas à grandir orpheline, l'allégeance de la terre de Malpertuis à la Couronne de Bourgogne.

Ainsi, vous aurez toujours de Malpertuis conseil, aide militaire, si tant est que Malpertuis dispose d'hommes d'armes, ce que nous ignorons encore, aide logistique & aide matérielle, & par dessus tout, fidélité.

Qu'Aristote bénisse la Bourgogne & garde auprès de lui la défunte baronne de Malpertuis.
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Cristòl
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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mer 6 Mai - 2:29

Après une réflexion qui dura plusieurs jours, et l'avait laissé longuement silencieux et méditatif, Cristòl prit une grande feuille, et écrivit une nouvelle lettre, le cœur serré mais résolu.

Citation :
De nous, Cristòl de Sìarr, humble Chevalier de l'Ordre de l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem,

A vous, Aldébarrant Ypriex, Grand Maître de l'Ordre de l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem,

Respect & Fraternité.

Avant même de poser des mots sur notre décision, & les écrire pour vous, nous savons qu'ils ne vous plairont pas. Nous prions le Très Haut & Saint Arnvald de vous inspirer mansuétude & indulgence.

& pour cette nouvelle que nous vous apportons... Nous renonçons à ce pluriel cérémoniel, que nous avons appris de notre père pour nous associer à la charge que nous avons, & qui, désormais, nous semble avoir perdu toute sa pertinence.

Je, donc. Je tremble, & cela doit se voir, vous, mon frère, qui lisez ces lignes. Car vous allez perdre, ce jour, deux frères hospitaliers... Mais l'un ne mérite déjà plus ce nom, & quoique Saint Benoît, dans ses préceptes, nous apprenne qu'il faut honorer & respecter père & mère avant toute chose – si ce n'est le Très Haut - , je viens vous demander de libérer Rekkared de Sìarr, dont j'ai le sang, mais certainement pas la foi ni l'âme, de son serment d'Hospitalier. Peut-être a-t-il prêté ce serment dans une chapelle & sur le Livre des Vertus, mais cet homme, dont j'ai eu longtemps grande reconnaissance, mais qui, pour ce que je tiens de ma mère, & de ma marraine une foi aristotélicienne pure & sans reproche, me fait désormais honte, cet homme, dis-je, est un cathare, chose que je tiens pour sûre par la confiance que j'ai en la personne qui me l'a dit - & quoi que cela me coûte tout ce que j'avais de plus cher en ce monde. Un tel hérétique ne saurait être, plus longtemps, Hospitalier, & le courage me manque pour comprendre comment un tel homme, si brillant, qu'est Rekkared de Sìarr, ait pu se fourvoyer à ce point sur la Vérité de la Création.

Ainsi vous perdrez le premier des deux que j'ai annoncés. & pour le deuxième, il s'agit de moi-même... Non que ma conviction hospitalière soit ébréchée en quoi que ce soit. J'ai toujours eu les valeurs de l'Hospital, avant même de l'intégrer, & je les aurai toujours, car l'humilité, la foi, la charité, le don de soi, vont avec moi comme les chausses vont de paire l'une & l'autre.

Mais, mon frère, ces valeurs, je saurai les porter comme un étendard, même sans l'Hospital. J'ai vécu de grandes choses, des choses tristes, des moments de fraternité & d'amitié, à l'Hospital. C'est une famille qui me restera, où que me mènent mes pas, je le sais.
Mais, mon frère, ces valeurs, je ne veux plus les porter avec ce collier de Chevalier, avec cette croix noire sur ma cape, ces valeurs... Je les porterai désormais dans la montagne, je les porterai, que sais-je ! Avec mon bâton de pâtre, & je les chanterai aux montagnes.

Je suis devenu Chevalier parce que tel était le voeu de mon père ; & désormais qu'il est hérétique, je ne peux plus le considérer comme mon père. J'ai sacrifié tout ce que j'avais de plus cher, ma simplicité, ma joie, mes envies, pour lui plaire & satisfaire à ses voeux. Ma vie est ce qu'il a voulu qu'elle soit, non ce que j'ai choisi, moi ; & au moment de cette cruelle découverte, qu'il est un hérétique & que mes serments sur le Livre n'avaient pas de valeur à ses yeux, qu'en fin de compte, celui qui décida de ma vie, est cet hérétique... J'ai pris le choix de me défaire de tout ce qu'il avait fait, afin qu'à lui je ne dusse plus rien rendre. Jusqu'au confort de la noblesse qu'il m'a offert, j'y renoncerai.
De cette noblesse & de la richesse qu'elle offre, je ne prendrai que de quoi m'acheter un troupeau de deux fois cent têtes, que je mènerai dans les Monts Pyrénées, comme au temps de ma jeunesse, où le monde n'avait pas perverti la simplicité de mon âme.

Dans deux mois, trois peut-être, j'aurai disparu du monde policé qui rend des comptes à chaque pas. Aussi demandé-je à être libéré de mon serment envers l'Hospital, non seulement parce que j'ai été dans cet Ordre sur le souhait de Rekkared, mais aussi, & cela expliquera davantage que je renonce à cet Ordre où, quelles qu'aient été les circonstances de mon arrivée, j'ai trouvé chaleur, amitié & bonne compagnie - , mais aussi, donc, car où je vais, je ne pourrai plus honorer ce serment.

Qu'Aristote, toujours, vous garde, mon frère, mes frères, mes soeurs, & l'Ordre de l'Hospital.

Cristòl

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Dim 18 Oct - 21:01

Le temps passait, inlassable et douloureux. Aux portes de l'Enfer, face à Cerbère tricéphale, Orphée avait chanté sa douce plainte. Durant des années, il avait cherché à amadouer le féroce gardien, pour ramener à la lumière sa douce et belle Eurydice, la fleur qui plaisait tant à son cœur désolé... À l'instar du héros, il avait cru y arriver, il voulait la faire revivre, cette Eurydice ! Et il s'était retourné sur son sang, sur elle, sur tout le mal qu'il faisait. Les Ménades auraient eu raison de le déchirer. C'était un homme d'ors et déjà brisé.

Avait-il, vainqueur, traversé l'Achéron ? Que lui importait de survivre, quand celle qui avait fait battre son cœur, quand son père, étaient tous deux morts ?
Longtemps avait-il cherché à comprendre les actes de Rekkared et la voie qu'il avait suivie. Le temps, les rumeurs consolatrices, et la sagesse, apprirent à Cristòl l'indulgence. Sa mère l'aidait, du mieux qu'elle pouvait, en vérité. Au loin, bonne petite mère.

Dans sa retraite, il aimait chaque objet. Il chantait chaque herbe, posait un regard bon sur tous les membres de sa mesnie, et se trouvait heureux dans son malheur et son deuil éternel. Tant et si bien qu'il résolut en fin de compte, les années ayant passé, de se mettre en ordre avec la morale, de sorte qu'il n'ait rien à regretter si sa mort devait venir promptement.


Citation :
De moi, Christophe de Sìarr, humble Vicomte des Fenouillèdes & Baron de Saint-Félix en Vinassan,

À vous, héraut ès généalogie en charge de la bonne tenue des registres des lignages,

Paix & lumière.

Je viens, par la présente, en préambule à un prochain testament, vous faire part de mes fautes passées, qui aboutirent à la naissance de deux enfants que je souhaite, pour mettre mon âme en paix, reconnaître enfin comme miens, tout illégitimes qu'ils soient, & sachant bien que cela ne leur ouvrira aucun droit à quelque succession que ce soit.

À l'issue de la guerre contre la Bretagne à laquelle j'ai participé, tout d'abord au Mans, ayant eu l'obligeance de m'y faire tuer nuitamment, & étant revenu à la vie à Loches pour ce que mon âme ne semblait pas encore en paix & assurée de la vertu de ma courte vie, puis au siège de la triste Orléans qui était tombée aux mains des troupes bretonnes, je me suis rendu chez mon ancien maître à l'Ordre de l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem, SanAntonio d'Appérault, Vicomte de Meaux & de Melun. C'est à Meaux qu'est né le premier enfant que je souhaite déclarer, d'une servante de la mesnie meldoise, Marguerite, dite Margot, du hameau de Chauconin.
L'enfant est un fils, Guillaume, ou Guilhem selon mon parler occitan, & pour ce que nous avons su qu'il viendrait au jour de la Saint Vincent, son second prénom est Vincent, Vincenç. À ces noms j'ajoute celui d'Antoine, ou Antòni, par déférence pour mon ancien maître, le Vicomte de Meaux, qui a eu beaucoup d'indulgence pour mon acte irréfléchi.

Secondement, aux lendemains du drame que fut pour moi le départ funeste de Marguerite Charlotte Victorine Corteis de Volpilhat, cette chère Fleur d'Òc, mes élans de tristesse inconsolable m'ayant poussé à l'érémitisme, une autre faute, qui pèse douloureusement sur mon cœur, a conçu dans un giron cher un fruit qu'il a plu au Très Haut de mener à terme. La délivrance se fit en Touraine ; c'est là qu'est née l'enfant que je déclare, petite fille qu'il a aussi plu au Très Haut de faire naître difforme d'amélie au bras gauche. C'est ainsi qu'elle fut nommée de l'occitan Aimelina, & que nous ajoutons à ce nom celui de Carlòta, ou Charlotte, en mémoire de la Fleur d'Òc, mais une mémoire dont nous atténuons la douleur par l'un de ses seconds prénoms. Enfin qu'elle porte le nom d'Esperança, l'Espérance occitane, car elle est le fruit d'une vie que j'espère voir renaître en elle, malgré sa difformité.

Le premier est encore auprès de sa mère mais il est pourvu à son éducation par le Vicomte de Meaux. La seconde est auprès de ma bonne & généreuse amie la Comtesse du Gévaudan, & sous sa tutelle, comme le sont aussi Eirwen de Vergèze & Jehanne-Elissa de Volpilhat, & encore ses deux filles, dans une compagnie de rires & de jeux dont je n'aurais su entourer ma jeune fille. La Comtesse du Gévaudan en sera, si elle le veut bien, la tutrice.

Que ces deux enfants, distants de deux ans, aient, s'ils le souhaitent, la possibilité de porter le nom de Sìarr, est le vœu que je formule pour apaiser mon âme.

Daté en l'enceinte du Château Saint-Pierre, le samedi, jour des Ides d'octobre de l'an d'Horace MCDLVII.


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Cristòl
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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mar 23 Mar - 15:54

Avant même la noce, y marchant comme on marche à l'échauffaud, contraint, et pourtant heureux de ce qu'enfin il sera délivré d'un poids, Cristòl s'était résolu d'écrire le testament qui vaudrait après la noce.
Car n'était-ce pas ce qui le motivait à épouser la mère des enfants de LeGueux d'Alanha, son parrain, son si cher parrain ?


Citation :
Moi, Cristòl, humble Vicomte des Fenouillèdes, Baron-Seigneur de Saint-Félix-Vinassan, en Narbonnais,

Fais savoir, me rappelant que notre Seigneur Dieu m'avait fait et créé avec ses autres créatures raisonnables afin de venir à gloire et qu'il n'est chose si certaine, après Dieu, que de recevoir mort naturelle, ni chose moins connue que l'heure de cette mort, voulant pour cela faire ordonnance de moi et de mes biens, tant que j'ai connaissance et entendement, dis et reconnais, que je veux faire mon testament ;

Et incontinent, après que j'aie rappelé et annulé tous les autres testaments et ordonnances que j'ai pu faire auparavant, moi, Cristòl, en la présence de mon fils Guillaume de Chauconin, de ma fille légitimée Aimelina de Sìarr, de Lop-Guilhem d'Alanha, fils légitime de feu LeGueux d'Alanha, et de Paula-Estèva d'Alanha, ma désormais épouse, et de mes exécuteurs testamentaire, ... Jehan de Proisy-Fortunat... , de ma bonne volonté et certaine science, en mon bon sens et mémoire, fis, réglai, et ordonnai mon testament et ordonnance de dernière volonté de moi-même et des biens que notre Seigneur Dieu, par sa grâce et par le père qu'il me donna, m'avait prêtés et envoyés en ce siècle mortel, en la forme et la manière ci-après s'ensuit et comme il est dit et réglé en cette présente lettre.

Premièrement, moi, Cristòl, recommande mon âme à mon rédempteur, mon Seigneur Dieu, priant que, quand elle quittera mon corps, il lui plaise par sa grâce et miséricorde l'appeler et mettre en sa sainte compagnie et gloire avec les âmes et ses élus.

Ensuite, je rends mon corps à la terre dont je suis venu, pour accomplir le dû de nature, et choisis et requiers d'avoir terre sainte et sépulture en l'Eglise Saint-Martin de Vinassan ; item ordonne que mes obsèques soient faites en ladite Eglise Saint-Martin de Vinassan, bien et honorablement selon l'état des finances de la baronnie et non autrement, sans grand faste, à la discrétion de mes exécuteurs, le plus tôt que bien faire se pourra ; mais que mon coeur, séparé du reste de mon corps, soit embaumé et repose en l'ermitage de Saint-Antoine de Galamus, qui est au pied des Pyrénées où j'ai grandi et le lieu où mon auguste père Rekkared choisit d'établir, un temps durant, ses archives ; et qu'outre ces obsèques, soient dites pour mon âme, qui en aura grand besoin, six messes basses.

Item, je rends ma dignité et noblesse de Chevalier de France à la Couronne et à l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem au nom duquel j'ai reçu d'abord cette dignité ;

Item je lègue à Paula-Estèva d'Alanha, mon épouse légitime, pour les raisons qu'elle sait, mes titres de noblesse de Vicomte des Fenouillèdes et Baron-Seigneur de Saint-Félix-Vinassan ainsi que les droits et possessions afférant auxdits titres ; je souhaite qu'elle en fasse bonne garde et lègue, quand elle l'estimera opportun, la Baronnie de Saint-Félix-Vinassan à son légitime fils, Lop-Guilhem d'Alanha ; de la Vicomté des Fenouillèdes, je la laisse libre de faire ce qu'elle jugera bon ; mais s'il arrivait qu'elle se remariât, et comme l'édit sur le lignage noble m'y autorise, je souhaite qu'elle n'ait plus alors que le douaire de ces fiefs et en lègue la titulature pleine à l'un de ses enfants légitimes selon son bon vouloir - c'est à savoir, soit ses enfants nés de sa prime union d'avec LeGueux d'Alanha, soit la fille Aimelina née de l'union de nos chairs et légitime par notre mariage ;

...

Item, j'ordonne que les matrices envers et endroit de mon sceau soient brisées afin qu'elles ne puissent jamais resservir.

Et s'il reste quelque chose, qu'il soit distribué aux pauvres par les mains de mes exécuteurs testamentaires, selon que bon leur semblera.

En mémoire de quoi, j'ai fait sceller cette lettre de mon sceau, du sceau de mon épouse Paula-Estève d'Alanha, qui a juré de tenir et d'observer ledit testament, et des sceaux de mes testamentaires pour une plus grande confirmation.

Cristòl n'en avait pas fini... Que faire de ses biens meubles et immeubles. Que faire de l'épée des Sìarr, que laisser à celles qu'il a déçues, à ceux qu'il aime, et à son fils, Guilhem de Chauconin ?

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mar 22 Juin - 18:11

Heureusement que ce n'était qu'un voeu sans serment solennel, que le Chevalier des Pyrénées avait jadis fait, de ne plus s'occuper des affaires du siècle, car ce jour-là, après avoir fait parvenir en grand place montpeliéraine une annonce dont on l'avait chargé de par son poste immérité de poursuivant d'armes, le jeune Sìarr - qui toujours serait le jeune, par opposition à Rekkared - avait écrit au Roy d'Armes, non sans mûre réflexion :

Citation :
De nous, Cristòl de Sìarr, Vicomte des Fenouillèdes, Seigneur-Baron de Saint-Félix-Vinassan, Chevalier de France,

À vous, Llyr di Maggio d'Astralgan, dit Montjoie,

Salut & Paix.

En dépit de notre retrait des affaires publiques, que nous avons jadis annoncé, nous vous portons ce jour notre candidature à la marche de Languedoc, pour ce que nous y avons longtemps oeuvré, pour ce que nous sommes poursuivant d'armes de cette province désormais, et pour ce que sa vacance souffrira sans doute d'une reprise qui ne serait pas dans les mêmes méthodes de travail et orientations pour le futur.

Bien des dossiers de longue date que nous avons ouverts gagneront à être clos ; des frontières toutes dessinées, qu'il suffira d'acter, et une succession à former, à la mesure de l'excellence à laquelle, par le travail d'années et d'années, nous avons érigé la Hérauderie du Languedoc, ce que vous n'êtes pas sans ignorer, pour y avoir été mon maître, puis celui de mon maître LeGueux d'Alanha.

Pour toutes ces raisons, et pour préparer la pérennité héraldique languedocienne, nous sommes prêt à endosser à nouveau tabard et caducées de Lengadòc, si le collège nous en estime digne.

Acté en l'enceinte du château de Fenouillet,

Cristòl de Sìarr

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mer 4 Aoû - 20:12

Une nouvelle fois Cristòl s'attablait à son pupitre, et remettait sur le métier son ouvrage - à savoir le testament qu'il avait commencé de rédiger.

Citation :
Moi, Cristòl, humble Vicomte des Fenouillèdes, Baron-Seigneur de Saint-Félix-Vinassan, en Narbonnais,

Fais savoir, me rappelant que notre Seigneur Dieu m'avait fait et créé avec ses autres créatures raisonnables afin de venir à gloire et qu'il n'est chose si certaine, après Dieu, que de recevoir mort naturelle, ni chose moins connue que l'heure de cette mort, voulant pour cela faire ordonnance de moi et de mes biens, tant que j'ai connaissance et entendement, dis et reconnais, que je veux faire mon testament ;

Et incontinent, après que j'aie rappelé et annulé tous les autres testaments et ordonnances que j'ai pu faire auparavant, moi, Cristòl, en la présence de mon fils Guillaume de Chauconin, de ma fille légitimée Aimelina de Sìarr, de Lop-Guilhem d'Alanha, fils légitime de feu LeGueux d'Alanha, et de Paula-Estèva d'Alanha, ma désormais épouse, et de mes exécuteurs testamentaire, ... Jehan de Proisy-Fortunat... , de ma bonne volonté et certaine science, en mon bon sens et mémoire, fis, réglai, et ordonnai mon testament et ordonnance de dernière volonté de moi-même et des biens que notre Seigneur Dieu, par sa grâce et par le père qu'il me donna, m'avait prêtés et envoyés en ce siècle mortel, en la forme et la manière ci-après s'ensuit et comme il est dit et réglé en cette présente lettre.

Premièrement, moi, Cristòl, recommande mon âme à mon rédempteur, mon Seigneur Dieu, priant que, quand elle quittera mon corps, il lui plaise par sa grâce et miséricorde l'appeler et mettre en sa sainte compagnie et gloire avec les âmes et ses élus.

Ensuite, je rends mon corps à la terre dont je suis venu, pour accomplir le dû de nature, et choisis et requiers d'avoir terre sainte et sépulture en l'Eglise Saint-Martin de Vinassan ; item ordonne que mes obsèques soient faites en ladite Eglise Saint-Martin de Vinassan, bien et honorablement selon l'état des finances de la baronnie et non autrement, sans grand faste, à la discrétion de mes exécuteurs, le plus tôt que bien faire se pourra ; mais que mon coeur, séparé du reste de mon corps, soit embaumé et repose en l'ermitage de Saint-Antoine de Galamus, qui est au pied des Pyrénées où j'ai grandi et le lieu où mon auguste père Rekkared choisit d'établir, un temps durant, ses archives ; et qu'outre ces obsèques, soient dites pour mon âme, qui en aura grand besoin, six messes basses.

Item, je rends ma dignité et noblesse de Chevalier de France à la Couronne et à l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem au nom duquel j'ai reçu d'abord cette dignité ;

Item je lègue à Paula-Estèva d'Alanha, mon épouse légitime, pour les raisons qu'elle sait, mes titres de noblesse de Vicomte des Fenouillèdes et Baron-Seigneur de Saint-Félix-Vinassan ainsi que les droits et possessions afférant auxdits titres ; je souhaite qu'elle en fasse bonne garde et lègue, quand elle l'estimera opportun, la Baronnie de Saint-Félix-Vinassan à son légitime fils, Lop-Guilhem d'Alanha ; de la Vicomté des Fenouillèdes, je la laisse libre de faire ce qu'elle jugera bon ; mais s'il arrivait qu'elle se remariât, et comme l'édit sur le lignage noble m'y autorise, je souhaite qu'elle n'ait plus alors que le douaire de ces fiefs et en lègue la titulature pleine à l'un de ses enfants légitimes selon son bon vouloir - c'est à savoir, soit ses enfants nés de sa prime union d'avec LeGueux d'Alanha, soit la fille Aimelina née de l'union de nos chairs et légitime par notre mariage ;

Que ma maison de Carcassonne, ainsi que mes notes, archives et courriers aillent conjointement à mes enfants Guilhem de Chauconin et Aimelina de Sìarr, ma petite fleur de lin, pour qu'ils apprennent à connaître leur père par ce biais, après l'avoir connu dans d'autres contextes ; qu'ils n'oublient jamais leur sang, la Maison à laquelle ils appartiennent, et pèsent toujours leurs choix ; qu'ils persévèrent dans l'humilité que j'ai voulu leur enseigner, et brillent aux yeux du Très Haut de la façon qu'ils jugeront la meilleure ;

Que mes vassaux Skip Lò Casalièr et Finubar Anar soient au premier rang lors des honneurs funéraires, au même titre que ma famille, car ils sont l'une de mes fiertés ; j'espère que l'héritier des Fenouillèdes saura reconnaître leur valeur et leur fidélité et leur reconduire leurs titres respectifs ;

Que Motarde d'Ascalon, de là haut, et Maëlie de Lauzières et Loreleï d'Ylfan, mes trois malheureuses promises, que je n'aurai pas su mener jusqu'à l'autel, promis trop absent, trop peu sensible, trop étourdi, me pardonnent mes faiblesses, et le mal que j'ai pu leur faire par omission ; et plus particulièrement, que Maëlie sache combien son soutien me fut précieux, lorsque je portai la trop lourde couronne du Languedoc et ensuite, et combien je suis contrit du congé que j'ai donné à nos promesses et du mal que cela aura causé ; et que Loreleï d'Ylfan et Armoria de Mortain reçoivent mes excuses pour la trop grande licence que j'ai pris au moment où l'on requérait de moi alerte et bienveillance de tous les instants ; qu'elles comprennent, s'il se peut, qu'au moment de porter dans de si périlleuses conditions la Couronne du Languedoc, il m'a fallu donner mon temps d'abord au peuple du Languedoc, et ensuite à ma si précieuse promise, jusqu'à la voir fuir, au moment même où je n'avais plus de forces pour rien, et notamment pour la retenir ; de cette faute j'ai beaucoup prié pour obtenir absolution, mais elles seules, en priant pour mon âme, sauront me l'obtenir ;

Qu'Eugénie de Varenne, qui n'est plus la fougueuse blonde sans titre que j'ai connue, soit bénie des douceurs et de la fraîcheur qu'elle m'a alors apportées, lors que je brûlais dans l'enfer d'une ronde politique étourdissante ; qu'elle sache que je ne l'ai jamais méprisée ou mésestimée, et que je l'aurais épousée sans titres, si mon coeur avait été libre et si je n'avais pas eu tant d'obligations vis-à-vis de mon estimé père, car il vaut bien la peine de renoncer à tout, pour une femme si forte et déterminée, cette petite Walkyrie qu'elle est et qui fit bouillir le sang nordique que mon père m'a légué ;

Que l'Ordre de l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem, et plus particulièrement les Hospitaliers qui me connurent, soient assurés que jamais, même ayant quitté l'Ordre, je n'ai cessé d'agir selon notre règle ; et je prie mon héritier, sur les terres de Fenouillèdes, d'y créer une commanderie hospitalière baillée à l'Ordre pour y établir et y faire prospérer les missions hospitalières ;

Que le Languedoc et sa noblesse se souviennent de moi, non comme l'intrigant que l'on crut que j'étais, à une époque, mais comme un Languedocien préoccupé de ce pays plus que de sa propre vie ; et qu'ils oublient les reproches qu'ils auraient voulu me faire, sur les choix que j'ai faits dans ma vie privée, tout comme j'ai toujours pris soin de ne pas leur tenir rigueur d'être toujours en guerre les uns contre les autres, ayant refusé de choisir un camp ; qu'ils entendent, si je peux m'autoriser à être moralisateur, ce conseil d'une âme qui flotte désormais au-dessus d'eux : si le charpentier et le maçon ne s'entendent pas, la maison ne sera jamais construite. On a besoin de tous, tous différents que nous soyons, et il y a du bon en chacun : c'est lui qu'il faut chercher quand on regarde un homme, et non le mal qu'il a aussi, comme tout homme, en lui ;

Qu'Actarius d'Euphor, ami au gré du temps, depuis ce jour où le jeune Hospitalier que j'étais appris à le connaître, me pardonne les erreurs que j'ai commises à son détriment, et me pardonne le duel que j'eus avec notre parrain LeGueux d'Alanha, pour la fin que l'on sait ; si j'eus le privilège d'avoir Marguerite de Volpilhat pour marraine, il eut celui de l'avoir pour suzeraine, et de la connaître mieux sans doute que moi ; c'est pourquoi je veux qu'il reçoive, legs sans valeur matérielle, mais symbole de notre lien commun à la Fleur d'Òc, la broche de bois qu'elle m'offrit au moment où je reçus la couronne de Saint-Félix, ouvrage floral aux pétales purpurins ;

Qu'enfin la fille de la Fleur d'Òc, Jehanne Elissa Raphaelle de Volpilhat, reçoive la couronne vicomtale que sa mère m'avait léguée pour en ceindre la Vicomtesse des Fenouillèdes ; le sort a voulu que la Vicomtesse des Fenouillèdes, son éternelle amie Paula, eût déjà couronne plus haute, et n'en aura pas l'usage absolument nécessaire lorsque j'aurai trépassé ; aussi veux-je retourner cette couronne à la Vicomté de Cauvisson, ignorant qui après mon épouse portera celle des Fenouillèdes ; que Jehanne grandisse et s'épanouisse comme nous l'avions rêvé pour sa mère, et, plus que tout, soit heureuse dans le mariage que nous lui avons choisi, car le Languedoc a trop vu de Volpilhat périr dans les fins d'un mariage que rien n'avait béni ;

A mon épouse du destin, Paula Estèva, je ne laisse rien que mon désarroi au moment de mourir et me présenter devant le Très Haut. Connaissant mes failles les plus redoutables, qu'elle prie pour qu'on m'accorde le Soleil, car ce choix de revenir sur terre, si je l'ai déjà fait une fois, assuré de ce qu'il me restait à faire ici bas, je sais que je ne le ferai pas une seconde fois, car pour les fautes que je traîne encore après moi, l'éternité à arpenter la terre ne serait pas suffisante pour les racheter ; j'ai la conviction d'avoir fait tout ce que je pouvais, et le reste repose dans les mains du Très Haut. Me survivant, elle saura, contre les présages de ceux qui la mésestiment, être digne de toutes ces dépositions, de son nom et du mien, et du devenir de nos affaires communes comme de notre sang.

De l'épée des Sìarr enfin, je ne sais que faire ; qu'elle soit enterrée au pied du donjon des Fenouillèdes, jusqu'à ce qu'il se trouve un homme du lignage qui se destinât aux armes ; et à ces fins, qu'Aimelina soit dotée et mariée, s'il plaît au Très Haut qu'elle survécût à l'enfance, car pour ce qui est de mon fils Guilhem, je le veux ministre du Très Haut ;

Enfin, j'ordonne que les matrices envers et endroit de mon sceau soient brisées afin qu'elles ne puissent jamais resservir.

Et s'il reste quelque chose, qu'il soit distribué aux pauvres par les mains de mes exécuteurs testamentaires, selon que bon leur semblera.

En mémoire de quoi, j'ai fait sceller cette lettre de mon sceau, du sceau de mon épouse Paula-Estève d'Alanha, qui a juré de tenir et d'observer ledit testament, et des sceaux de mes testamentaires pour une plus grande confirmation.

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Lun 4 Oct - 20:53

Le Chevaucheur languedocien remplissait non sans pester la somme de travail que lui expédiait plusieurs fois par semaine son patron pas tout à fait bien-aimé, le Chevalier Cristòl, Héraut du Languedoc.
Il déposa ainsi dans l'alcôve des généalogistes le mot suivant, prémices d'autres mesures plus complètes qui parviendraient par la suite :


Citation :
De moi, Cristòl de Sìarr, humble Vicomte des Fenouillèdes, Sire-Baron de Saint-Félix-Vinassan, Chevalier des Pyrénées,

Au généalogiste en charge de la famille de Sìarr [page 1 des registres], qui me pardonnera de ne savoir s'il est Sylvestre, Mnémosyne ou Phylogène,

Salut !

Le temps passant, il me semble plus qu'opportun de mettre à jour les registres de la famille de Sìarr.
J'avais déjà, par le passé, déclaré mes deux enfants, Guilhem Vincenç Antòni de Chauconin, qui est porté dans les documents avec une erreur (un L de trop dans la version occitane du premier prénom), et Aimelina Carlòta Esperança.

Je souhaite désormais que soit porté aux registres :

-mon état de Chevalier de France, comme l'attestent les registres nobiliaires d'Ile-de-France
-mon union avec Paula-Estèva d'Alanha [Polstephie], le 1er avril 1458. Je vous joins le certificat de mariage.
-le statut d'enfant légitime d'Aimelina de Sìarr, née de Paula-Estèva avant notre union.
-ma volonté de faire de mon épouse mon héritière légitime en cas de décès. Un testament devrait vous parvenir dans les semaines à venir, mais au cas où le Très Haut souhaiterait me rappeler à lui avant cette date, cela serait su.

En vertu de quoi, pour entériner ces premières mesures testamentaires, j'ai fait apposer mon scel au bas de la présente déclaration.

Vous remerciant par avance,

C.



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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Jeu 21 Oct - 0:54

A la fin d'une cérémonie, on avait remis au Vicomte des Fenouillèdes une lettre qui lui causerait bien des pensées, et à laquelle il ne manquerait pas de répondre.

Citation :
De Nous, Actarius d'Euphor, Vicomte du Tournel, Baron de Florac, Seigneur de Saint-Dionisy et dAubemare,

Salutations amicales.


Nous avons reçu une convocation à laquelle nous refusons de répondre. Nous ne sommes pas venus nous justifier en personne pour ne pas ternir la bonne tenue de cérémonie consacrée à des personnes méritantes.

Vous n'ignorez pas notre profonde inimitié pour la Noumerchat. Nous aurions pu en faire fi, si ce n'était son attitude et les éléments que nous avons découverts. Notre premier grief concerne son inadmissible et insultante annonce envers le CLE. Soucieuse comme à son habitude de frapper fort à la fin d'un mandat où elle s'est distinguée par son absence, elle a retiré au CLE son statut d'institution comtale pour des raisons fallacieuses. Elle a parlé de manquements à des engagements, elle a entaché l'honneur des membres du CLE, plus précisément de ses dirigeants, alors même que rien n'a été prouvé, alors même que jamais elle n'a eu l'heureuse initiative de consulter, d'appeler un des membres du CLE pour parler de ces soucis. Non, elle a préféré le secret des murs d'un conseil et le silence pour mieux préparer son coup de poignard sans aucune forme d'humanité.

Le deuxième grief concerne son attitude au moment de la signature du contrat de la bannière d'Euphor. Elle a tout fait et nous avons pu le lire pour nous faire passer pour un opportuniste dépourvu d'éthique et aujourd'hui nous devrions accepter une récompense de son fait ?

La vérité, Lengàdoc, telle que nous la voyons est ainsi. Elle s'en est prise vertement à notre ami commun Phelipe de Saunhac et à certains membres de son conseil, pire encore, elle a bâti une campagne politique entière sur le dénigrement et est parvenu à se hisser sur le trône comtal. C'est alors que le Languedoc a changé, c'est alors qu'a commencé la chute du Languedoc. Ses méthodes douteuses, nous les connaissons, tout comme nous connaissons sa propension à oublier qu'actuellement elle devrait avoir le bon sens de se retirer de bon pour venir donner ses leçons insipides aux maires, aux soldats, aux gradés. Elle peut nous donner du mielleux, du "oui mon capitaine", "bien mon capitaine", nous ne serons pas dupes de son petit jeu. Cette femme s'en est prise aux plus grands noms du Languedoc, aux meilleures âmes de ce Comté. Certaines, certains sont partis dégoûtés par son attitude, d'autres se sont retirés en retraite pour ne plus revenir. Vous le savez plus que n'importe quel autre en considération de votre mariage.

La vérité, Lengàdoc, est que cette femme est le plus terrible fléau du Languedoc. Son orgueil l'a poussé à briguer plus que de raisons une fonction dont elle n'avait pas l'étoffe. Elle a été plus souvent comtesse que n'importe quel autre en ces terres, pourtant là où le nom de Sìarr, d'Alanha, de Saunhac est encore respecté, le sien est raillé, le peuple la moque, la surnomme "dudule". Elle fait honte à toute la noblesse languedocienne par son arrogance, par son aveuglement. Car elle demeure une des seules à ne pas se rendre compte qu'elle est bien plus détestée en Languedoc que nombre de brigands, que son nom ne sera jamais assimilé à autre chose qu'au malheur du Languedoc, que son nom n'est pas craint, mais sujet de moquerie, d'indifférence. Elle se repose encore sur quelques soutiens pour se cacher cela.

La vérité, Lengàdoc, est que par cette cérémonie, elle cherche sans doute à faire oublier un peu la médiocrité de son mandat, elle cherche à calmer les coeurs et y trouver un petit pan de faveur qu'elle ne mérite plus. Qu'elle ne mérite plus pour tout le mal qu'elle a fait, pour son attitude destructrice, hypocrite et sournoise envers les personnes qui ne partagent pas sa soi-disant droiture. Elle a plus détruit qu'elle a bâti en Languedoc, elle a brisé des motivations, trahit des personnes par son attitude. Elle a notre sens indigne même de porter les atouts de la noblesse.

Pour tout le mal qu'elle a fait, elle devrait être condamnée et si elle ne l'est pas en ce monde, elle le serait pas le Très-Haut. Si elle avait un soupçon d'intelligence, elle quitterait le Languedoc pour lui permettre d'exister à nouveau, pour prendre la voie de la rédemption. Et c'est bien-là, la seule chose qu'elle mérite après avoir traité tant de gens comme des moins que rien, après les avoir traîné dans la boue, harcelé jusqu'à détruire leur envie, leur motivation de s'investir pour le Languedoc. Ce que nous pensons, Lengàdoc, c'est que le Languedoc se porterait mieux sans elle, et croyez-nous, nous sommes de plus en plus nombreux à le croire.

Voilà ce que nous aurions sans doute dit si nous nous étions présenté à cette cérémonie. Mais vous comprendrez aisément que notre but est désormais l'apaisement des querelles et c'est pourquoi ce pli n'est adressé qu'à vous. Nous avons suffisamment été récompensé pour notre investissement, nous avons été longtemps absent, c'est pourquoi nous ne croyons pas un instant à l'honnêteté de cette récompense dont nous ignorons la nature, venant de ce fléau du Languedoc, nous la croyons intéressée, c'est pourquoi nous croyons que d'autres la méritent bien plus que nous, c'est pourquoi nous la refusons sans regret et vous demandons de communiquer cette décision pour vous, tout comme nous vous demandons de conserver ce courrier précieusement et n'étant adressé qu'à vous et à vous seul.

Que le Très-Haut veille sur vous, Lengàdoc, vous le méritez sans doute plus que nous pour avoir de l'indulgence envers une telle femme.



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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mar 9 Nov - 21:47

Un autre jour, Cristòl reçut une missive des plus... surprenantes. Il reste quelques temps à la lire et la relire, pour essayer de deviner qui se cachait derrière - en vain.

--Buddleia a écrit:
Bonjour,
Je me présente Buddléia, dame de maison d'une Grandeur.
Ma patronne cherche à retrouver un sentiment, une complicité perdue, en vue, peut être un jour, de fiançailles et tout ce qui pourrait aller avec.
C'est une femme très présente, très dévouée, à fort caractère, qui aime faire de grandes choses et s'en donner les moyens, en travaillant toujours plus dur pour y arriver.
Très franche, ayant du mal à s'exprimer avec diplomatie, parfois agressive dans ses mots, elle est, dans sa vie privée, un vrai brin de bonheur.
Elle recherche un homme qui saurait, aller au delà de son caractère, apprenant à l'apprivoiser par la douceur n'ayant pas peur de se confronter à une dame très méfiante au début.
Cette dame, je ne vous le cache pas, à une fille. Merveilleuse cela dit, issue d'une union illégitime mais noble, surtout issue d'un amour pur et durable.
Cette dame est peut être un tantinet jalouse voir possessive lorsqu'elle est bien avec quelqu'un, même si avec le temps la confiance atténue ce sentiment.
C'est une femme qui a besoin d'être rassurée, aimée, soutenue aussi dans ce qu'elle entreprend.

Milles excuses si vous trouvez cette démarche déplacée,
Sinon quoi , je serais ravie de jouer les intermittentes le temps de vous apporter des précisions et en apprendre plus sur vous également, afin de voir si vous êtes l'homme que sa Grandeur attend si impatiemment.

Respectueusement,
dame Buddléia.

Il résolut alors d'y répondre avec sobriété :

Citation :
Dame Buddleia,

Je renvoie votre messager vers vous, ignorant où ses pas le mèneront, car j'ignore d'où vous m'écrivez, et qui vous servez. Je comprends votre démarche et loue votre dévouement à l'égard de Sa Grandeur votre maîtresse, dont je serais curieux de connaître le nom et le portrait.

Je ne saurais m'avancer quant à moi, je ne peux prétendre être en mesure de combler tous les désirs de votre maîtresse, sans même la connaître.

Cristòl de Sìarr

Et en reçut réponse très rapide, preuve que la dame de compagnie était tout proche, à défaut pour sa maîtresse d'être du coin - car des Comtesses de cet accabit, il n'y en avait point en Languedoc, ni en Toulouse, ni en Rouergue, ni en Lyonnais-Dauphiné, où l'on ne trouvait que des Duchesses...

Citation :
Votre Grandeur,

J'ai au mieux, dans la plus minutie précision décrit ma maitresse et je pense que rien que par mon courrier vous en savez plus sur elle que la pluspart des gens qui l'entoure.
Je n'ai pas envie de faire passer ma maîtresse pour ce qu'elle n'ai pas et aurait dabord souhaité savoir si telle que décrite vous envisageriez de la rencontrer et plus si affinités ou si, de toute manière, de votre côté votre coeur ou manière d'être n 'est pas disposé à croiser une telle dame.
J'espere que vous comprendrez la pudeur que je garde pour que ma maîtresse trouve la bonheur sans les mauvaises langues..

Respectueusement.
Dame Buddleia.

Alors le Chevalier des Pyrénées, dans un sourire, répondit :

Citation :
Dame,

Je suis un homme à femmes, au sens le plus noble qui soit : je suis un Chevalier, et mes hommages vont en premier lieu à Sa Majesté, et en second, aux femmes, que je respecte et chéris, avec vertu et, je le crois, grande affection et sincère dévouement.

Et ta femme, Cristòl, t'en occupes-tu ? T'es-tu véritablement occupé de Marguerite, au moment où elle allait le plus mal ?

Citation :
Aussi, si votre maîtresse cherche un ami qui saura l'écouter, la réconforter, discuter avec elle, la combler de présents et d'attentions, sans atteinte à sa vertu qu'elle n'aurait réclamée, si votre maîtresse cherche quelqu'un qui saura la distraire de ses tourments, je peux être cet homme.

Une telle relation ne saurait toutefois, pour l'heure, aller jusqu'au mariage, pour ce que j'ai épousé voici quelques années la mère de ma fille bâtarde, et mère aussi de celui que je voulais pour héritier.

Espérant avoir répondu à vos questions,

Cristòl de Sìarr

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Dim 1 Mai - 1:49

[Une affaire de fournisseur...]

Après un courrier envoyé, on obtient en général réponse, lorsque l'interlocuteur est bien élevé - et c'est assurément le cas de la demoiselle de Vergèze, puisqu'elle a assez d'éducation pour avoir la charge de la prodiguer aux filles Alanha-Siarr.

Citation :
De moi, Eirwen de Vergeze, humble préceptrice de votre progéniture

À vous, Cristòl de Siarr, père et tuteur pas si indique qu'il le prétend,

Salut.

Qu'avons bien reçu votre lettre et que la réponse que nous faisons à votre demande est la suivante:

Que pour l'accompagnement de votre personne, cela se fera avec grand plaisir;
Que pour le transport desdites jarres, que problème se pose car n'êtes pas sans savoir que le moindre heurt cause la remontée de bulles qui peuvent conduire à une explosion aqueuse, ce qui serait fort dommageable dans une telle réception !

Lors qu'aussi, si tenez réellement à cette présentation, qu'une livraison de laine vierge pour emballer lesdites jarres dans des caisses est une nécessité première.

Qu'attendons réponse et livraison de votre part afin de pouvoir nous inscrire sans crainte de passer pour une terroriste visant à souiller l'honneur de la Reyne par des ablutions non programmées.

Cordialement,

Votre humble Eirwen

Quelques ordres, et le Vicomte qui s'appuie au chambranle de la fenêtre donnant sur ses plaines aux foins, sur les Fenouillèdes... Les troupeaux des Pyrénées, qui bientôt partiraient en alpage...

Citation :
De nous, Cristòl de Siarr, tuteur et père repenti,

A vous, Eirwen de Vergèze, préceptrice & gente demoiselle de Vergèze,

Salut !

Nous avons aussitôt à votre appel fait avancer de cinq jours la tonte des troupeau des Fenouillèdes pour l'été qui arrive ; et pour vous douze brebis furent tondues, dont nous vous faisons parvenir les laines encore à la forme des bêtes et lavées, mais non filées. Elles garniront, alternées avec de vieux draps, vos jarres dans notre charrette, où nous avons prévu de placer également, au coté de nos malles, un tonneau de vin des Fenouillèdes pour plaire au palais de Sa Majesté.

Vous en souhaitant bonne réception et jusqu'au proche revoir,

Cristòl de Siarr

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mar 3 Mai - 12:08

Citation :
De nous, Eirwen de Vergèze, humble préceptrice,

À Vous, Cristòl de Siarr, tuteur et père bien dur envers lui,

Salut !

Qu'avons bien réceptionné la pelure ovine et qu'un serviteur s'occupe actuellement de préparer les jarres de manière sécuritaire afin de les préserver en vue du long voyage.

Qu'avons un autre souci qui nous est venu lorsque nous avons vu la laine et que celui-ci a pour sujet la fraicheur de l'eau.

Pensez-vous qu'il sera possible de faire rafraichir suffisamment ce breuvage avant dégustation ? Car savons qu'en Paris, nulle montagne n'est disponible pour aller y quérir la glace nécessaire au maintien de la température optimale de dégustation. Peut-être y ont-ils quelques glacière dans le château du Louvre mais n'en sommes point certaine.

Pourriez-vous nous rassurer sur ce point ?

Que Dieu vous garde et vous accorde patience en suffisance à mon égard.

Eirwen

Ah oui. Cela était un problème bien plus sérieux que celui du transport, et le Chevalier y réfléchit longuement, avant que de répondre :

Citation :
De nous, Cristòl de Siarr, humble tuteur et père,

A vous, Eirwen de Vergèze, douce et zélée préceptrice,

Salut !

La question est grave, en effet. Nous nous sommes laissé dire qu'il y a des glacières dans les environs de Paris, car il nous est déjà arrivé de boire fort frais à l'Hotel Saint Paul, résidence parisienne des hérauts, en d'autres temps que l'hiver. Nous ne savons pas jusqu'à quelle date avancée de l'été elles produisent mais il nous est permis d'espérer que, l'été n'étant pas même là, il vous sera possible de rafraichir votre eau sitôt arrivé à Paris. Nous ne pouvons hélas attendre réponse du Premier Maitre d'Hotel avant de nous mettre en route.

Prions que les cuisines de Sa Majesté soient assez bien organisées pour ne jamais manquer de glace.

Je serai à Vergèze demain - sans doute ce message vous arrivera-t-il à peine quelques heures avant moi et de là, notre voyage commencera.
Je prierai que rien de fâcheux n'arrive.

Cristol de Siarr

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mar 17 Mai - 0:10

[Un autre jour, après Paris]

Citation :


De Nous, Ariana Del Casalièr, Dame de Castillon de Courry et de Counozouls

A Vous, Cristòl de Sìarr, Comte du Gévaudan, Vicomte de Fenouillèdes, Baron de Saint-Félix et d'Alaigne, Seigneur de Mireval, Chevalier de France, Héraut du Languedoc, Chanoine de Saint-Rémi et du Saint-Chrème



Adissiatz Sènher Coms,

C'est avec grande joie que nous venons, mon époux et moi, Vous faire part de la naissance de notre fils, Olivièr.

Mon époux étant fort retenu, je me suis permise de Vous envoyer missive. J'espère que Vous n'y verrez point là offense.

Souhaitant que ce pli Vous trouve en pleine santé ainsi que toute Votre famille, recevez Sènher Coms, mes salutations les plus humbles.


Que le Très-Haut Vous ait en Sa Sainte Garde,

Faict à Narbonne, le 15 de mai 1459


Ariana Del Casalièr




Lorsque le Chevalier reçut ce pli, il eut un sourire étrange. Alors ainsi, ce vieux jardinier avait plus d'une graine dans son sac...

Citation :
De nous, Cristol de Siarr, humble Chevalier des Pyrénées, & suzerain de Counozouls,

A vous, Ariana Anthea Del Casalièr, Dame de Castilhon & de Counozouls,

Salut !

C'est avec grande émotion que, d'Artois où votre courrier a fini par me trouver, je vous envoie toutes mes prières & bonnes pensées à l'égard de votre fils, & futur Seigneur de Counozouls, Olivièr del Casalièr. Puisse-t-il avoir la beauté de sa mère & la science de son père, & qu'il lui soit donné de grandir sans douleur de corps ou d’âme.
Nous espérons que votre santé est au mieux & que l'émotion n'a pas achevé notre bien-aimé vassal.

Pour tous trois, nous prierons.

Cristol de Siarr

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Ven 15 Juil - 18:43

Citation :
[ Copie à Eragon. et Polstephie
Pour rappel, la Reine n'est alors pas morte. ]

De nous, Cristòl de Sìarr & Paula-Estèva d'Alanha, Comtes du Gévaudan, Vicomtes des Fenouillèdes, Barons de Saint-Félix & d'Alaigne, Seigneurs de Mireval,

A vous, Jorocket d'Evanes, Comte du Languedoc,

Adissiatz.

Nous sommes bien en peine de ne pouvoir assister à cette cérémonie ni l'officier ; la raison de notre absence est, pour le Comte du Gévaudan, la même qui le voit absent de son office de héraut, & qui l'amènera dans les prochains jours à rendre sa charge : la défense du Maine au nom de Sa Majesté la Reine, en vertu du lige de Chevalier de France.
L'absence de la Comtesse du Gévaudan est causée par sa réclusion à Mende, au domaine familial, pour persistantes maladie de l'âme & dolence du corps.

C'est ainsi par écrit, mais de volonté non moins ferme, que nous renouvelons notre allégeance conjointe au Languedoc, à son Comte & au paratge occitan. Nous promettons, en notre foi, de lui garder contre tous notre fidélité, notre conseil & notre aide ; dernier devoir qui, en notre absence, peut être rempli par nos vassaux.

À ce serment existe une exception que la loi autorise, celle du lige sus-cité envers notre glorieuse Majesté Béatrice Ière ; en tant que Chevalier de France, si un conflit venait à vous opposer, Comte du Languedoc, notre suzerain, à Sa glorieuse Majesté, nous prendrions fait & cause pour elle ; & le disant en notre serment, nous ne pourrions être déclaré parjure de l'avoir contre vous défendue.

Ce cas où nous aurions pourtant à déchirer notre âme en deux, nous prions pour qu'il ne soit jamais que théorique, & prions que la félonie jamais ne salisse le trône du Languedoc. Nous avons confiance en vous, Jorocket d'Evanes, pour le guider avec sagesse & clairvoyance, loin de l'obscurantisme dont il a parfois subi le joug.

Daté le 25 juin 1459, au Mans.

Cristòl de Sìarr

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Jeu 20 Oct - 0:49

Citation :
De moi, Cristòl de Sìarr, humble Vicomte des Fenouillèdes, Baron de Saint-Félix & Chevalier de France,

Aux généalogistes royaux de Sant-Antoni-lo-Pichon,
A Klan l'Acier, Coms de Lengadòc, suzerain de la terre d’òc que je chérirai à jamais,
A Nebisa de Malemort, ceinte d’une couronne moins pesante que son orgueil,

Salut.

Il vient un temps où les mots échouent à décrire le cœur d’un homme. Quand ce temps vient & que l’expérience a empli ce cœur de tant de savoirs, de tant de regrets, de tant d’aspirations contradictoires, quoique nécessaires, pour la fin de sa vie, il ne reste à cet homme qu’à faire le sacrifice de ce à quoi il peut renoncer du meilleur gré ; ce faisant élaguant les branches les plus fournies qui étouffent l’arbre de sa vie & le contraignent à une fructification multiple mais chétive, il laisse la lumière entrer jusqu’au tronc central de l’arbre & permet aux branches restantes de s’épanouir & de porter de rares mais beaux fruits.
Fidèle ainsi à la devise que je me suis donnée, jadis, dans le vœux pieux de suivre les traces d’un père non parfait, mais exemplaire, le temps est venu pour moi, avant l’hiver de mes jours, de tailler toute branche dont il m’est permis de faire l’économie ; je choisis l’abandon de ce que je gagnai par héritage, par ténacité, par honneur, par douleur, l’abandon d’une noblesse qui m’a accueilli sans que jamais je ne m’en crusse tout à fait digne, moi que le sort avait fait grandir loin de mon sang & loin de toutes les considérations gonflant le cœur d’un homme du monde.
Ainsi que mon père jadis renonça en ma faveur à toute matérialité & partit, anachorète, vivre de savoir & d’errances dévotes, je souhaite abandonner toute dignité de parchemin & en revêtir, de mon seul gré, & voulant choisir le moment avant d’y être contraint par la Mort, mes héritiers.

Qu'ainsi, ayant pour héritier devant la coutume de Saint-Félix le Seigneur de Marmorières, Lop Guilhem d'Alanha, fils de mon épouse, frère de ma fille ; ayant par droit de sang & légitime naissance pour héritière devant les lois royales Aimelina de Sìarr, née de mon union d'avec sa mère Paula-Estèva d'Alanha & légitimée par le mariage, je dispose qu'icelle fille hérite en propre des deux fiefs que je tiens du Comte du Languedoc, à savoir la Vicomtat de Fenolhèdes & la Baronnie de Sant-Féliç.

Je la prie de comprendre la coutume de Saint-Félix faisant de son frère Lop Guilhem héritier de cette baronnie ; & plaise à mon héritière qu'elle fasse dès à présent entrer son propre héritier en jouissance de la terre qui lui revient par coutume & pour expier la faute que je commis par le passé à l'égard de son père, mon parrain. Plaise également à mon héritière de pardonner cette faute que je commis, au nom de laquelle son héritage se voit diminué, si par l'honneur dont je la crois vêtue elle consent à cet acte ; & s'il devait se faire qu'elle n'y consentît point, elle serait alors Vicomtesse de Fenouillèdes & Baronne de Saint-Félix, terres que je lui recommande d'entretenir avec soin ; & si par sagesse elle consentait par sa propre renonciation à revêtir son frère du titre de Baron de Saint-Félix, c'est à tous deux que je formule cette recommandation, chacun pour la terre dont il aura la charge.
Je lègue encore dès à présent à Aimelina de Sìarr, ma légitime fille, la couronne vicomtale que me légua jadis Marguerite de Volpilhat « pour en ceindre le front de la future vicomtesse des Fenouillèdes », car il se fit que la Vicomtesse des Fenouillèdes, mon épouse, avait couronne plus haute à arborer, & il se fait que ma bien aimée & légitime fille porte l'essence de l'amour que j'eus pour Marguerite de Volpilhat, item celui qu'en conçut sa mère Paula-Estèva d'Alanha.

C'est enfin à la Couronne de France que je rends ma dignité de Chevalier de France ; je servis sans arrière-pensées la Couronne que j'aime & au nom du paratge occitan, sans quoi il n'y aurait de valeurs chevaleresques ; rendu à cet âge de ma vie, & à ces personnes à servir, je ne peux plus avant remplir mes devoirs de sincérité de cœur ; à l'heure de rendre ce titre qui, de tous, représenta le plus pour moi, je n'ai pas un regret, mais un vœu pour la France : la paix & le désintéressement des grands qui nous gouvernent. Je considère comme un privilège de me retirer dans la pleine conscience de mes actes, lorsque mon entendement n'est point gâté par l'âge.

Pour faire valoir pleinement & pour les temps à venir le présent acte de renonciation, je l'ai scellé de mon sceau & y ai apposé mon seing, le vendredi, XIVème jour des kalendes de novembre de l'an d'Horace mil quatre cent quatre vingt neuf [19 octobre 2011].

Christophorus Siarris
E fructu arbor cognoscitur.



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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Ven 28 Oct - 3:09

Citation :
A Cristòl de Sìarr, Chevalier hier, chevalier aujourd'hui et toujours chevalier demain, Guillaume de Jeneffe, Chevalier, salut et connaissance de tristesse.

Qu'il vous soit connu que c'est avec un réel étonnement que j'ai pris connaissance de votre volonté de renoncer à tous vos titres de noblesse, en ce compris celui qui, vous le savez, m'est certainement le plus cher. Si je ne peux vous empêcher de faire ce choix, je dois à l'estime que je vous porte de vous faire savoir que vous représentez à mes yeux la chevalerie de France dans ce qu'elle a de plus honorable. Je n'ai jamais eu à considérer un seul de vos actes comme forfaiture et ne pense pas que vous ayez jamais sali ni le nom de votre regretté père, ni la croix hospitalière, ni le blason de l'ordre équestre. Je ne vous demande nulle explication quant à votre décision mais vous assure que si vous deviez en changer, je suis encore en mesure d'en empêcher l'officialisation.

La chevalerie est ce service que vous ne m'avez pas refusé lorsque nous avons chevauché côte à côte en Maine et Touraine. La chevalerie est le don fait au Poitou pour alléger les dépenses de la Couronne. La chevalerie est ce refus de la lumière et des ors des palais et le choix de l'obscurité des combats et de la métallique couleur de nos armures. La chevalerie est enfin cette vie qui continuera à être la vôtre lors même que votre retour à la roture sera déclaré.

Est-il donc bien logique de refuser ce titre lors même que vous n'avez eu de cesse de vous en montrer digne? Est-il donc bien logique d'abandonner ce titre qui ne donne nul droit que d'être méprisé par ceux qui ne comprennent notre cause et nos valeurs? Est-il donc bien logique de rejetter l'appellation qui toujours vous définira car je le sais vous ne cesserez d'agir comme un chevalier tout au long du temps que le Très-Haut vous accordera ici bas?

Donné lès Poitiers, le XXVIIIe jour d'8bre del an de grasce MCDLVIIII

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Cristòl
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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Ven 28 Oct - 11:31

Citation :
À Guilhem de Jeneffe, Chevalier des chevaliers, salut & paix.

Qu’il ne demeure aucun doute sur mon choix de rendre cette dignité & ce service qu’est la Chevalerie royale ; si je ne peux soustraire mon cœur & ma vie à la Chevalerie, qu’on me laisse la vivre désormais dans l’ombre, à l’abri des registres & des serments, car mon serment va à Dieu & à la grâce qu’il répand sur le monde, & toujours agirai-je pour le bien, en faveur des démunis, ou pour contribuer à ma manière aux efforts de mon pays ;
Mais cette manière n’est pas de servir une femme qui n’a nulle connaissance du fait équestre, de cette notion que l’occitan nomme « paratge » & pour lequel aucun mot d’oïl n’existe ; ami, comprenez cela : convoquer en tant de guerre ses bons serviteurs au palais pour leur serment, & exclure qu’ils puissent l’expédier par courrier tout en continuant de se battre, cela est pour moi vide de sens ; leur expédier tardivement un courrier qui exige qu’en un jour ils traversent la France de part en part, si la chose était possible, faute de quoi ils ne mériteraient pas leur titre, cela est pour moi vide de sens ; j’étais parti méditer sur ma vie à Saint-Antoine de Galamus en mes terres, & j’en suis revenu pour trouver sous pli cet incongru caprice. Eussé-je eu, en un jour, l’artifice suffisant pour venir des Pyrénées à Paris, il faut gager que croisant la guerre en chemin, j’aurais stoppé ma route pour prêter main forte à notre camp, pour agir en Chevalier de France. Si cette femme veut des courtisans, alors ce n’est pas un chevalier qui viendra ; & si elle veut des chevaliers, elle doit accepter les lettres, ou ces chevaliers iront sans titres, renonçant à leur tortil au nom des valeurs en lesquelles ils croient vraiment.

La Chevalerie n’est pas servir un Prince ; la Chevalerie n’est pas s’aller rouler dans des draps de soie au Louvre, au côté d’une Majesté bien à l’abri des tempêtes. Puisqu’il faut pour honorer cet avis que je sois un chevalier sans tortil, puisqu’il faut pour honorer cet avis que je fasse derechef la preuve de mon désintérêt des ors & gloires, j’y consens de gaité de cœur & sollicite, Chevalier, l’honneur de vous servir comme écuyer. Je ne crois pas mériter vos louanges mais j’espère humblement avoir à nouveau l’occasion de chevaucher dans votre sillage.

Que les saint chevaliers chevauchent vous épaulent,

Christophorus Siarris.

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MessageSujet: Re: [Château Saint-Pierre] Les petites affaires du Vicomte   Mer 9 Nov - 23:03

Citation :
A Cristòl de Sìarr, Chevalier hier, chevalier aujourd'hui et toujours chevalier demain, Guillaume de Jeneffe, Chevalier, salut et connaissance d'amitié.

Que connute chose soit à vous que votre lettre eut le don de me faire plonger dans un abysse de réflexion qui, je le crois, a dû satisfaire les médicastres qui s'acharnent à évacuer mes mauvaises humeurs. Je gage que s'ils mettaient autant d'entrain les armes à la main nous aurions déjà conquis Londres et Samarcande. Je crois comprendre votre pensée et vos regrets. Je pense d'ailleurs en partager certains. Mais comme Lancelot et Bedevere, nous différons l'un de l'autre, sans que pour autant nous nous refusions cette amitié. Ma mesnie vous est donc ouverte, mais non comme à un page ou un servant, mais comme à un pair. Je ne m'estime digne de vous avoir comme écuyer ni ne vous pense encore devoir apprendre de moi quelque enseignement que ce soit. Mes médicastres me garantissent encore près de trois semaines de soins. Et s'ils ne sont capables de me ramener à la jeunesse qui fut mienne, je les sais à même de correctement juger de ces choses.

Si donc vous désirez toujours me rejoindre, prenez la route de Poitiers et avertissez m'en. Je ferais poster aux environs un homme de confiance qui vous saura conduire en mon refuge.

Que le Très Haut vous veille et protège votre famille.

Donné lès Poitiers, le IXe jour de 9bre del an de grasce MCDLVIIII

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