Archives de l'ermitage Saint-Antoine de Galamus

Voici le forum où sont conservées les registres des maires & conseils des provinces francophones des Royaumes Renaissants
 
AccueilAccueil  ­CalendrierCalendrier  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.Partager | 
 

 [RP] Cérémonie de transmission de titres

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
Rekkared
Archiviste


Nombre de messages: 3184
Localisation: Carcassonne, Occitanie
Date d'inscription: 16/09/2005

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Sam 12 Avr - 18:01

Louis Raphaël d'Appérault a écrit:
Lorsque Marguerite avait signalé que le baron de Saint-Félix allait renoncer à son titre en faveur de son fils pour aller se retirer du monde, Louis, connaissant un peu les liens de son épouse avec le jeune homme, avait songé qu'une visite s'imposait. Il y avait bien sûr la rencontre avec le baron Rekkared, dont le nom et la réputation étaient arrivés jusqu'à lui depuis longtemps, alors même qu'il vivait encore en Champagne. Il était un de ces hommes chez qui la noblesse prenait son sens, ce que Louis n'avait que rarement vu au cours de sa jeune vie. Il l'avait aussi un peu côtoyé à la hérauderie, mais il ne s'y exprimait que rarement, intimidé par la prise de parole en public. Il y avait aussi là occasion de se mêler un peu à la noblesse locale. Nul doute que le comte de Languedoc serait présent, Cristòl ayant à prêter allégeance à son nouveau suzerain. Et ce geste, qui signifiait sans doute la dernière occasion de voir en public le baron, attirerait sans doute aussi nombre de seigneurs languedociens de tous rangs. Une occasion donc de tenter de s'intégrer un peu à ce monde, même si la plupart s'exprimaient en langue d'Oc, dont il ne comprenait que quelques mots, ceux qui ressemblaient à sa langue, l'Oïl.

Marguerite l'accompagnait : malgré sa grossesse il semblait important pour elle d'être présente. Et plutôt que de laisser son invitée seule à Cauvisson, il l'avait conviée à venir également. Arrivé à Saint-Félix, Marguerite se chargea des premiers mots. Avec bonheur, Louis l'entendit s'exprimer en Oïl.

Il la laissa saluer l'hôte, et l'écouta préciser le lignage de Clémence. Petite fille du "grand Caedes". En Champagne, l'évocation seule de ce nom signifiait beaucoup. Peut être en était-il autrement ici même, il n'en savait guère. Il en savait beaucoup sur ce grand personnage, ayant profité des contes narrés par son père, ou par sa maîtresse, qui tous deux avaient bien connu le Duc. Le dernier Duc de Champagne, ceux ayant porté le titre depuis n'étant pas légitimes à le porter par nature même du duché, domaine du roi. Et lorsqu'on vint le saluer, baron et fils, il inclina la tête et salua son hôte.


"Baron. C'est un réel plaisir pour moi de rencontrer une personne telle que vous, surtout en un instant comme celui ci."

Et vint ensuite le tour du futur baron :

"Sire de Siarr, le plaisir est partagé, croyez le bien. Je vous remercie de votre accueil. Vous êtes l'écuyer de messire mon père, il me semble. Nous n'avons guère eut l'occasion de nous voir, j'ose croire que nous en aurons une prochainement."

Louis se tut. Dans sa tête raisonnait les derniers mots du seigneur, à destination de Clémence. La comparaison était un peu surprenante, sans doute. Quoi que. Les deux demoiselles étaient de fort noble lignage toutes deux.
Il fouilla dans ses souvenirs. Que lui avait-on déjà narré sur la période de la fronde ? Que feue la baronne Elissa, sa belle mère, alors bourgmestre de Carcassonne, avait soutenu le geste du Duc Caedes. Que le Comte Jehan, son beau père, avait été déchu des ses privilèges de Pair de France à la suite d'un conte narrant les événements de la Fronde. Les parents de Marguerite avaient donc défendu les idées du Duc.
Et ceux de Clémence ? Le Marquis Albert avait été un des hommes du Duc, et la marquise en était la fille, et l'une des conseillère. Voilà qui formait un autre lien. Ainsi, en Languedoc, un jeune seigneur, sans doute peu au courant des événements ayant put se dérouler de très longues années auparavant, avait peut être eut raison de les comparer toutes deux. Fleur d'Oc et Fleur d'Oïl. Son épouse, celle que son père lui avait donné, et sa compagne d'enfance, celle que son père avait choisit indirectement en l'envoyant en tant qu'écuyer auprès du marquis de Nemours. Son père, qui était lui aussi un homme du Duc. Finalement, tout menait-il à Caedes ? Etait-ce là la grandeur du personnage, d'avoir sut lier à sa personne, à une époque donnée, la fine Fleur de la noblesse ? Ce n'était pas à exclure. Bien sûr, il ne savait tout ceci que par les récits de ceux qui lui en avait parlé. Et ceux là avaient été des proches du Duc, l'avaient connu, aimé. Il n'était pas impossible que leurs récits en soient un peu améliorés par le souvenir qu'il laissait en eux, impérissable. Mais l'Histoire était belle ainsi, et il n'était pas apte à juger, n'ayant pas connut l'époque.

Le temps n'avait guère passé, mais Louis se reprocha se petit moment de déconcentration, moment où il s'égarait en pensées, ne songeant plus à l'univers qui l'entourait. Alors, il s'efforça de revenir au donjon de Saint-Félix, pour assister à la suite de l'abdication du baron...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://archivesrr.forumactif.com
Rekkared
Archiviste


Nombre de messages: 3184
Localisation: Carcassonne, Occitanie
Date d'inscription: 16/09/2005

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Sam 12 Avr - 18:01

[Devant la porte du donjon]

Accueillant le Coms du Gévaudan, le garde répondit :

- « La benvenguda. La cérémonie se déroulera demain, en la Grande Salle. D'ailleurs le baron vous attends dans cette salle. Vous trouverez les ustensiles d'écriture dans l'ancienne bibliothèque, qui a été aménagée pour la circonstance en chambre. »

L'arrivée du Coms de Gévaudan fût suivie de celle de la baronne Carmen, elle-aussi accompagnée d'une escorte.

[Pendant ce temps, dans la Grande Salle du donjon]

Rekkared accueillit le couple baronal :

- « Baro e barona de Atsas, la benvegenda. Espèri que vòstre viatge es estat bon ? »

Rekkared n'aurait peut-être jamais l'accent, ni la maîtrise d'un Occitan natif du cru. Mais son ouïe était accoutumée à percevoir une large fréquence de sons, ce qui rendait l'apprentissage des langues plus facile. Fils d'un bourgeois Scandinave, il avait suivi son père, durant son enfance, sur les grandes places marchandes d'Europe du Nord, où il avait cotoyé les langues anglo-saxonnes et germaniques. Puis, pendant son adolescence, il fût confié à un monastère de Flandre où il apprit le latin et s'initia au grec. Ensuite, lors d'un pèlerinage dans la péninsule ibérique, il se lia d'amour avec Carmen, et se confronta à d'autres langues latines et à l'occasion, à l'arabe. Enfin, son établissement en Languedoc lui permit de s'ouvrir à l'occitan. Ainsi, sans être un parfait polyglotte, il pouvait comprendre et parfois parler nombre de langues dans un langue courant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://archivesrr.forumactif.com
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:09

Djahen a écrit:
Souriant à celui qui le premier avait avec lui brisé quelques lances, et pour lequel il avait fort grand’ estime tant pour cet apprentissage que pour les travaux remarquables dont il avait gratifié le royaume et le Languedoc-, le Maure salua de la tête le Baron de Saint-Félix, pour quelques temps encore officiellement mais qui toujours demeurerait noble personne aux yeux d’Axat -, avant de répondre avec bonne humeur…

Adieussiatz Sant Fèlix !!

Fòrt plan ma fe !! Un sol auvari venguèt contorbar nòstre camin, mas nòstres gent lo prépondèron leumens…

Mas, consi anatz ? Me sembla que vòstra retirada balha a vos bèla vigoriá !!! Semblatz mai valent que jamai, e pas me reseguèri ges a crosar lo fèrre amb vos…

Sens contèsta, sortiretz venceire de tot jòc d’arma !!! Saupriatz me balhar vòstre secret ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:09

MarieDouce a écrit:
MarieDouce était assez impressionnée de rencontrer l’homme qui se tenait devant eux, le Sieur Rekkared de Síarr, Baron de Saint-Félix et Seigneur de Vinassan, en personne. Son époux lui avait souvent parlé de lui, assez pour savoir que c’était un homme au grand coeur, plein de sagesse et de talent. Subissant tout à coup un étrange sentiment, la jeune femme se demandait ce qu’elle venait faire ici, tout compte fait. Son propre anoblissement était encore tout récent et elle craignait de commettre une bévue ou quelque impair que ce soit, ne connaissait que très peu les us et coutumes de la noblesse.

Elle laissa son époux s’exprimer avant de prendre la parole à son tour. Alors, voulant tout de même montrer qu’elle comprenait relativement bien la langue d’Oc, elle répondit d’une voix à peine voilée par l’émotion et la gêne, aux paroles de bienvenue de leur interlocuteur.


« Adieussiatz, nòstre viatge a desvirolat relativament plan, ausi atal diser… Quelque peu éprouvant certes, si ce n’est que mon époux a encore quelques souffrances à son dos …» dit-elle ces quelques mots en se reculant de deux pas, laissant ainsi libre champ aux deux hommes de continuer leur conversation de tournoi, d’armes et de joutes …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:10

Clémence.de.lEpine a écrit:
Les mots prononcés la déroutèrent quand elle ne s’y attendait pas. Ce n’était pas tant les mots en eux-mêmes, en fait, qui surprirent Clémence. Mais l’impression qu’ils étaient dits avec sincérité et innocence et c’est cette sensation d’inattendu qui la déconcerta. D’autant plus que l’attitude simple et humble du jeune Seigneur concordait avec la teneur et la tonalité de ses propos.

Elle demeurait toujours méfiante, lorsqu’un homme s’adressait à elle, songeant que ce n’était pas vraiment à sa personne que l’on parlait, mais plutôt aux titres que ses parents portaient et dont elle hériterait, probablement. Sa mère l’avait avertie, très tôt, du danger que pouvait représenter la gente masculine au regard du nom qu’elle arborait. Clémence avait trop bien retenu la leçon, et c’est avec défiance et circonspection qu’elle observait donc les hommes aller et venir autour d’elle. Parmi eux il y avait des loups aux crocs aiguisés et aux yeux rouges mais bien souvent elle se les représentait sous les traits d’un renard, au verbe mielleux mais aux pensées fourbes. Plus dangereux que le loup car plus difficile à débusquer. Le loup attaque et le renard attend son tour. Alors, pour ne pas se tromper, Clémence avait adopté la position la plus sûre. La défense. Fatiguée d’observer, à tenter de deviner qui était qui, quel vrai visage se dissimulait sous ce masque, elle avait décidé d’opter pour la réserve à l’encontre des hommes, de n’importe quel homme.

Malheureusement, cela avait débouché sur une certaine paranoïa qui elle-même l’avait conduite à afficher un léger dédain à l’égard du sexe opposé. Elle devait paraître sûre d’elle et inébranlable afin de ne pas se laisser terrasser, elle, pauvre petite agnelle au milieu de la meute…

Voilà pourquoi aujourd’hui, ses défenses pourtant résolument dressées, elle se sentait hésitante face à ce dénommé Cristòl. Si c’était là une ruse, il en usait avec un art tout à fait louable. Et si au contraire cette authenticité lui était toute spontanée… Clémence oscillait donc entre incrédulité et estime.

La comparaison me flatte.
Fit-elle d’abord, se tournant vers Marguerite. Ce seul coup d’œil venait appuyer la sincérité de la réponse : Clémence témoignait une espèce de respect admiratif envers la jeune Fleur d’Oc. Les mots suivants lui échappèrent pourtant sans que vraiment elle ne décidât de les lâcher.

Mais les fleurs les plus chatoyantes sont bien souvent les plus mortelles. Gardez-vous de leur venin.

Consciente d’avoir parlé trop vite et étourdie par l’audace dont elle venait de faire preuve, Clémence soutint le regard du jeune homme, un léger sourire au coin des lèvres. Il fallait que cela passe pour de l’ironie sinon elle se trouverait bien ennuyée. Et tout compte fait, n’en était-ce pas, de l’ironie ? Bien souvent, ses mots dépassaient ses pensées, et bien plus souvent encore lorsqu’elle se trouvait dans une situation dérangeante. Alors elle cachait son trouble derrière des propos caustiques pour ensuite se mordre les doigts d’avoir été si cinglante. Le problème était qu’ici, à cause de la comparaison, on pouvait également penser que sa phrase était dirigée à l’encontre de Marguerite. Alors qu’il n’était question que d’elle, par cet avertissement provocateur.

Il s’agit bien entendu d’une banale généralité.
Prit-elle donc la peine de justifier, afin d’alléger ses propos. Un sourire dépité naquit sur son visage. Quoiqu’il en soit, soyez remercié pour l’amabilité de votre accueil, alors même que ma venue n’était pas prévue et que je demeure pour vous une parfaite inconnue.

Et de parer son visage d’une expression indéchiffrable alors que tout son sang bouillait de ces sentiments contradictoires qui ne la quittaient jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:13

Marguerite de Volpilhat a écrit:
La Vicomtesse de Cauvisson se mordit la lèvre, amusée de l’audacieuse spontanéité de son filleur, et croisa le regard de Clémence lorsque celle-ci la regarda. Elle tâcha de rendre le sien bienveillant et laissa la jeune Champenoise poursuivre – son cœur se serra au constat botanique pourtant ressassé à son sujet, avant de réaliser le jeu sur la polysémie du mot mortelles. Non, ce qu’on avait dit d’elle, c’était plutôt que les fleurs sont mortelles, périssables, surtout déracinées… Finalement elle glissa à Clémence ce que Cristòl redoutait sans doute, sur un ton de confidence qui se laissait pourtant entendre aux quelques présents, pour peu qu’il tendissent l’oreille :

-« Je connais à messire de Sìarr de l’admiration pour tant de femmes sans éprouver de l’affection pour aucune d’elles que je me demande presque si nous l’intéressons… »

C’est alors que les Barons d’Axat arrivèrent, et que l’occitan fusa dans la salle sous la voix de stentor du Maure Djahen, égal à lui-même, avançant aux devants du Baron de Saint-Félix. Marguerite se souvint avec amusement de leur première rencontre, lors d’une épreuve de joute verbale, acide, où, s’étant méprise à dessein sur l’origine de la masse charnelle imposante de l’homme, appuyée par son apparence que l’on trouvait plus souvent chez les Infidèles, et ayant tâté du côté du péché de gourmandise et recommandé quelque confession, lui était revenue comme un fouet le claquement d’une réponse sans appel, beuglée avec la fureur de l’offensé, plus croyant que Dieu. C’était de mémoire la seule fois où quelqu’un l’avait traitée de vipère et autres noms d’oiseaux féminins – en tout bien tout honneur, sur l’estrade seulement. Restant près de Louis, Cristòl et Clémence, elle esquissa toutefois un signe de reconnaissance dans la direction de MarieDouce et Djahen.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:15

Cristòl a écrit:
Quelques mouvements de tête délicats, et des regards féminins qui se croisent complices presque, achevaient de confirmer au Chevalier que les femmes recelaient mille énigmes impossibles. Il crut percevoir l’embarras de la dame de Villorceau lorsqu’elle eut relevé fort vigoureusement, mais le temps ne lui fut pas laissé de repartir sur l’idée qui l’avait atteint – déjà la donaisela s’excusait à demi-mots de son audace, et Marguerite chargeait la mule.
Il secoua la tête, un sourire gêné sur le visage, et conclut :


-« Oui, je vois bien dònas que d’où qu’elles viennent, toutes les Fleurs de votre essence ont des épines… Mais vous m’embarrassez, Vicomtessa, poursuivit-il avec sur le visage l’air exact de ce qu’il affirmait, tout en constatant l’arrivée des Shaggash ; et profitant de l’attention détournée de la Fleur d’Oce qui venait de saluer le couple baronnial, se penchant tout près d’elle pour qu’elle ne pût voir sur son visage s’il la taquinait, il murmura près de son oreille : Vous devriez avoir compris que je n’aime que vous ! »

Presque immédiatement il retrouva sa place normale, pivota légèrement pour s’adresser au Vicomte, et ne pas laisser le temps à la jeune Fleur d’Oc de le tourmenter au sujet de son audace – il n’en était d’ailleurs pas à sa première transgression avec sa marraine, bien la seule avec laquelle il s’affranchît à ce point de sa timidité latente.

Vicoms, j’ai été en effet au sein de l’Hospital de Saint-Jehan l’Ecuyer de votre père Chevalier de Justice, et c’est parce qu’il m’avait fait l’honneur de me confier si haute place que je suis désormais Chevalier moi-même. Sans sa confiance, le chemin m’eut été infiniment plus long. De fait, je ne suis plus Ecuyer désormais. Mais j’aurai plaisir à prendre de ses nouvelles, car peu, pour ne pas dire aucune, nous parviennent à la commanderie générale.

Quant à nous voir… N’est-ce pas une situation à laquelle nous sommes en train de remédier ? Mais je vous prie de m’excuser,
finit-il en s’adressant tant aux deux femmes qu’à Louis-Raphaël, je vous abandonne quelques instants. Voilà les Barons d’Atsat que je ne peux manquer de saluer. »

Et Cristòl de s’envoler d’un pas léger près de son père, de s’incliner devant Baron et Baronne avec un immense respect, alors que Djahen en était déjà à discuter d’armes et de secrets de duelliste, son épouse en retrait. Peut-être gagnerait-elle à retrouver les autres femmes, Clémence et Marguerite, dont Cristòl devinait sans mal qu’elles étaient moins enclines à parler ferraille…
Là, le jeune homme changea de ton, autrement à l’aise maintenant qu’il n’était plus en jeune et raffinée compagnie ; non qu’il méprisât les Donazac d’Atsat, bien au contraire – mais c’était la franche noblesse martiale dont le discours ne s’encombre pas de détours et d’écueils comme ceux dans lesquels le Seigneur de Marmorières avait manqué s’embourber quelques instants plus tôt. Il n’y avait pas, ou bien moins, à tenir en alerte son esprit sur la moindre tournure de chaque phrase, et cela ne pouvait manquer de lui rappeler les discussions libres qu’il avait pu tenir avec quelque comparse berger – ou bergère ! – quelques années plus tôt. Une ambiance plus fraternelle, plus rassurante.

Oui, rassurante, c’était le mot.


-« Adissiatz, Atsat ! Adissiatz, dòna MarieDouce... »

Il aurait voulu ajouter quelque chose, mais une arrivée ne lui en laissa pas le temps. Carmen entrait dans la Grande Salle, et en quelques pas diligents, son fils fut près d’elle, ému dans tout son être. Il saisit les deux mains de la Baronne de Saint-Félix, les embrassa tendrement, puis étreignit la femme qui l’avait mis au monde avec la même intensité émotionnelle que lors de ses retrouvailles avec son père, un peu plus tôt.

-« Petite mère… »

Il desserra l’emprise de ses bras, pour la contempler. Des cheveux sombres, aux ondulations ensorcelantes pour le fils aimant et fier qu’il était. Des yeux noirs et enveloppants, brillants de tendresse. Des mains petites et douces, pour bercer les enfants. Une bouche faite pour conter des histoires ensoleillées et prier les anges. Des joues lisses et délicatement dorées par une vie entière passée sous la ligne des oliviers, où il ne gèle jamais. Si le Baron de Saint-Félix avait déjà passé depuis de nombreuses années ce cap, Carmen, elle, n’avait pas encore quarante ans. L’amour entre eux avait été d’autant plus puissant que l’écart d’âge était conséquent, que leurs origines étaient dissemblables et leurs langues respectives mal accordées. Peut-être était-ce pour cela que Cristòl était né avec ces yeux : l’un froid et bleu comme le Nord lointain de son père, l’autre marron et chaud comme le Sud de sa mère méridionale – un mélange qui ne pouvait laisser indifférent. Des yeux qui lui valaient d’être là ce jour ; des yeux qui lui avaient porté chance, finalement.
Mais le fils avait grandi trop loin du père ; pour le fils, c’était l’occitan, la langue maternelle, et l’oïl celle qu’il avait apprise et parlait avec un accent par moments d’inattention. Le fils était ancré dans cette terre du Sud à l’image de sa mère ; de mères pourtant, il en avait eu deux, quand au moins il avait toujours su quel genre d’homme était son père.

On serait désorienté à moins de passer ainsi du coq à l’âne, et de la misère de la solitude bucolique à la richesse d’une famille aimante. Tous ceux qui entouraient Cristòl ce jour, ce jour où il serait à l’honneur, appartenaient à cette nouvelle vie, l’avaient accueilli, encouragé, respecté. Et sa reconnaissance n’avait pas de bornes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:16

Polstephie a écrit:
[Le Vrai Béziers, Quartier Rouge, au 5 et 6 de la Rue du Terrain de Soule - Tôt dans la matinée]



La Comtesse de Gevaudan avait regardé son époux "s'enfuir" à cheval accompagné de quelques hommes. Elle était un peu déçue de ne pas l'accompagner... Mais ils en avaient parlé et se demandaient si c'était bien raisonnable dans son état. Elle avait senti son coeur se serrer en voyant le nuage de poussière se soulever à la suite de la petite troupe... Il allait terriblement lui manquer...

Puis elle essaya de vaquer à ses occupations : envoyer quelques gens dans leurs champs pour récolter blé et légumes, retranscrire dans les livres de compte les dépenses de la veille ainsi que ce que leur avaient rapporté leurs possessions Biterroises, et tenter de lire un peu... Mais rien n'y avait fait... Elle voulait être auprès de Lui, et puis aussi assister à cette cérémonie.. sans doute par Amitié pour le jeune Cristòl qu'elle appréciait énormément... Il lui avait fait l'honneur de défendre ses couleurs, celles de Cazilhac, lors d'une joute...

Une paire d'heures avait passé depuis qu'Il était parti... La future mère rejeta alors les convenances, les idées reçues et envoya son jeune messager faire préparer le carrosse. N'étant plus capable de voyager en montant seule sur un cheval, son état avancé lui rendant la tâche impossible, même aidée, elle venait de décider de se rendre tout de même sur les terres du Baron et d'y retrouver son époux... Un instant, elle fut tentée de partir ainsi, juste elle, un coche et son petit messager... Après tout, elle n'avait, dans le passé, jamais eu véritablement besoin d'escorte... Mais cela ne serait pas totalement raisonnable. Alors pour escagacer un peu son époux mais ne pas se montrer inconsciente, elle fit mander quatre hommes d'arme pour l'escorter... Une escorte réduite serait bien suffisante à son sens !

Pendant ce temps, elle prépara elle-même une malle où elle enferma chainses, cottes et surcots, chausses, bourses et ceintures assorties enfin bref, le minimum nécessaire pour le temps qu'elle pensait passer en "voyage"... Elle se vêtit simplement, chausses de lin, chainse, cotte couleur or et surcot "portes d'enfer" de gueules bordé d'un liseré d'or... Par dessus le tout, pour ne pas être exposée au vent frais, elle revêtit une cape, fermée par la fibule d'argent qui ne la quittait plus, ainsi qu'un chaperon qui cachait des cheveux cuivrés...

Le carrosse était prêt. Elle se fit aider pour monter à l'intérieur. On chargea la malle et deux ou trois autres affaires. Face à elle, le petit messager prit place, puis il donna l'ordre du départ une fois la maison convenablement close. Une femme des environs de Béziers garderait la maison, profitant de l'occasion pour y faire le ménage en grand...

Le convoi s'ébranla donc en la direction voulue... Saint Felix...



[Le trajet]



Pol avait lu pendant le voyage, mais aussi conversé avec son jeune ami. Elle avait mis plus de temps que si elle avait galopé à cheval, seule, mais elle n'était plus capable de le faire...

Ils s'étaient arrêtés un instant sur la route, à Capestang, pour déjeuner dans une Auberge que Pol connaissait de réputation. Puis le trajet avait repris...



[Saint Félix - Début de l'après-midi]



Arrivant enfin dans les terres régies par le Baron, puis enfin dans la demeure qui verrait se dérouler la cérémonie après avoir traversé le village, Pol sourit. Elle espéra ne pas trop se faire gronder de son coup de folie... Mais après tout... elle avait besoin de Lui... Elle ne savait pas qu'elle y retrouverait un bon nombre d'amis... Le carrosse s'arrêta enfin, on annonça la Comtesse, fit entrer la voiturer et dirigea l'équipage.

Pol descendit alors, aidée toujours de son petit messager, puis elle se laissa entraîner à l'intérieur, guidée par l'une des personnes au service de Saint Felix. Elle avait expliqué qu'elle avait peu de bagages et des dispositions avaient été prises pour qu'ils soient amenés dans les lieux que son époux occuperait. Elle avait simplement tronqué le chaperon de laine chaude pour un fronteau d'or et une résille parsemée de pierres couleur émeraude. C'était d'ailleurs le seul parement qu'elle portait, avec la croix occitane que lui avait offerte son époux et l'anneau de leur union. La jeune femme s'avança alors, accompagnée de son fidèle messager portant fièrement ses couleurs. Dans quelques instants, elle serait en compagnie de plus de personnes qu'elle ne le pensait...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:17

LeGueux a écrit:
On a beau dire, une bibliothèque, même transformée en chambre, reste un lieu un peu mystique.

En sachant (ou en imaginant plutôt) en plus que celle ci avait du contenir des ouvrage rarissime, la pièce n'en avait que plus de caractère.

Les ouvrages étaient rares. Qui plus est ceux ne traitant pas spécifiquement de sujets religieux. Et encore parmi ceux ci, la plupart n'étaient que des recueils de cérémonies ou des inventaires tels ceux qu'il écrivait à longueur de temps.

A propos d'écriture, il remarqua qu'un nécessaire était bien présent. Fort bien, il n'emprunterais que ce qu'il lui manquait. Tss à oublier comme cela, il n'était pas prêt à partir faire ce que faisait l'encore hôte des lieux.

Il resta un moment à s'imprégner de l'atmosphère de la pièce. Toucher les boiseries, sentir les relents d'odeur, plus fruits de son imagination que réelles odeur d'encres de parchemins et de vieux cuirs... Mais l'imagination a de très forts pouvoirs lorsqu'on est impressionné...

Au bout d'un moment, il se fit conduire vers ses hôtes. Ils croisèrent d'autres laquais transportant quelque caisse en sens inverse, puis presque arrivé à l'entrée de la pièce, il croisa... Son épouse...

Un instant sans voix, il ne put que murmurer :


Mais par quelle...

Puis se reprit

Donà ! Es baugitge faser l'espeita... Oc, folie... Un sourire apparait tout de même, et il enchaine soi encantat !

Son sourire se fait plus franc, il lui tend le bras et désignant du menton l'entrée de la salle, lui dit :

Dintram ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cristòl
Baron de Saint-Félix


Nombre de messages: 240
Date d'inscription: 12/02/2007

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 16:18

Polstephie a écrit:
Alors qu'elle allait bientôt être introduite auprès du Baron et de sa famille, pensant déjà à quelques mots pour s'excuser de ne point s'être fait annoncer plus tôt, Pol aperçut une silhouette qui lui était très familière... Puis elle croisa Ses yeux... Rien que pour une lueur de bonheur dans son regard, elle serait capable de faire tant !

Un éclair, un instant et elle revoit leur rencontre presque fortuite dans ce petit bureau si spécial dont la vue les ravissait, le trajet du Puy jusqu'à Béziers qui s'en suivit, alors que secrètement il lui avait déjà demandé sa main et fait promesse de l'épouser malgré tout ce qui les séparait... Que de temps avait passé depuis que la petite forgeronne qu'elle était s'était éprise du Général qu'il était alors et resterait toujours en un sens... Car elle l'avait déjà aperçu auparavant et déjà son coeur frémissait pour Lui, secrètement... Il y avait eu bien des obstacles, mais elle ne les avait finalement pas vraiment considéré comme tels... Prête à bien des sacrifices pour Lui, pour Son Bonheur... Renonçant même une fois, mais ils n'en étaient plus là maintenant... Leur couple était uni, uni devant tous, uni devant Dieu et les Hommes, et bientôt le fruit de l'Amour qu'ils avaient su se préserver et protéger, ce fruit tant espéré, tant désiré et déjà Aimé, ce fruit donc grandissait en la Comtesse... Epanouissant pleinement ses formes, la rendant plus douce encore dans ses courbes, l'enrobant de délicatesse, Pol finalement, malgré ses craintes, avait la chance de porter bien son état. La grossesse lui seyait bien... l'épanouissant tout de même un peu trop finalement... lui interdisant dorénavant bien des plaisirs... comme d'aider son époux à se vêtir lors des joutes... Et bientôt, très bientôt maintenant, cet enfançon si désiré et si vigoureux à en croire les combats qu'il menait dans le ventre de sa mère - sans doute avait-il hérité du goût de son père pour l'Art du Combat - cet enfançon donc verrait le jour pour le plus grand bonheur du couple...

Mais l'éclat d'inquiétude mêlée de surprise passant brièvement dans les yeux de son époux ramena Pol à la réalité. Elle sourit cependant... Heureuse de le revoir enfin, s'interdisant tout de même de se jeter dans ses bras... par convenance ? par peur de le renverser et de l'écraser ? ou par jeu ? Eux seuls le savaient, parlant de cet échange de regard vibrant...

Sa voix rompit alors le silence.

Mais par quelle...

Donà ! Es baugitge faser l'espeita... Oc, folie... soi encantat !


Puis, un nouveau sourire, empreint de cette seule tendresse qu'elle lui connaît... Et il enchaîne tout en lui tendant le bras et indiquant du menton le chemin...

Dintram ?

Et la Comtesse alors de lui répondre, les yeux brillants de ce Bonheur d'être auprès de Lui, rassurée par sa seule présence, Heureuse par ce seul contact de leurs prunelles... Un murmure, la voix étreinte par tant d'émotions guidées par l'Amour qu'elle a pour Lui...


Oc Meù Angel...

Alors que le petit messager prend sa place auprès du couple, ni trop loin, ni trop près, souriant de voir celle qui prend soin de lui heureuse...

L'épouse prend alors le bras de l'époux, tendrement, puis Le laisse la guider vers leurs hôtes... ajoutant dans un murmure quelques mots que Lui seul entendra...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Rekkared
Archiviste


Nombre de messages: 3184
Localisation: Carcassonne, Occitanie
Date d'inscription: 16/09/2005

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Dim 13 Avr - 18:21

[Dans la Grande Salle du donjon]

Rekkared répondit au baron d'Axat :

- « Totjorn subremenatz ! Sortirai venceire de jòcs... benlèu paraulós ! Meu secret ? Lo prèc e la caminada... »

Voyant Carmen arriver, il ajouta :

- « Ieu escusatz, donà Carmen arriba ! »

La joie de retrouver ses deux amours se lisait sur le visage de Carmen. Elle étreignit longuement son fils, puis le baron. Ensuite, elle se dirigea vers les autres invités qu'elle salua.

Le couple Comtal du Gévaudan s'avançait dans la Grande Salle. Rekkared alla les accueillir :


- « Comte e Comtessa de Gavaudan, la benvegenda. Espèri que vòstre viatge es estat bon ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://archivesrr.forumactif.com
Rekkared
Archiviste


Nombre de messages: 3184
Localisation: Carcassonne, Occitanie
Date d'inscription: 16/09/2005

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Lun 14 Avr - 19:02

Cristòl a écrit:
Rekkared était venu auprès de son épouse ; Cristòl regardait ses deux parents réunis, et il en fut fier.

Le Coms et la Comtessa du Gévaudan entrèrent, et Cristòl s'inclina devant eux :


-« Meu pairin, dòna Paula-Estèva, es un plaser de vos aculhir de Sant Felix.

Dòna, grandmercé d'aver viatjat entà aquel ceremònia maldespièch vostre emprenhament. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://archivesrr.forumactif.com
Rekkared
Archiviste


Nombre de messages: 3184
Localisation: Carcassonne, Occitanie
Date d'inscription: 16/09/2005

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Lun 14 Avr - 19:03

Clémence.de.lEpine a écrit:
Elle ne put retenir un léger rire à la remarque de la Vicomtesse et la réaction de Cristòl, son embarras en tout cas, l’amusa d’autant plus. A l’adresse de Marguerite, mais également pour elle-même, Clémence eut cette réflexion, presque murmurée, quasi inaudible, non parce qu’elle ne voulait qu’on l’entende, mais parce qu’elle était déjà partie ailleurs, au fin fond de ses pensées.

Et c’est ainsi que malgré lui il préserve son cœur.


Elle-même espérait ne jamais avoir à ressentir aucune affection pour un homme. Son regard glissa vers Louis. Enfin, pas ce genre d’affection. Le visage de son père s’imposa logiquement à son esprit. Pas celui-ci non plus. L’autre, encore. Celle que les chansons et les poèmes nommaient « amour ». Son esprit vif et curieux lui faisait aimer la musique, les vers déclamés avec ferveur par ménestrels et troubadours. Cela lui permettait d’être au fait de certains évènements se déroulant bien loin de Champagne, ou tout simplement de laisser son imagination vagabonder le temps d’une chanson. Grâce à leurs récits inspirés d’histoires personnelles ou complètement fictifs, mais grâce également à l’aura qu’ils dégageaient. Les troubadours pouvaient aller où bon leur semblait, ils enchantaient les plus rêveurs, les berçant de leurs vers aériens, et cela leur suffisait. Libres, sans réelles attaches, se déplaçant de château en château, de places en places, affichant leur bonheur à un tel point que cela rendait parfois la demoiselle malade. Malade de jalousie, malade de rage, malade de frustration. Ne pouvaient-ils donc se contenter de pincer leurs cordes et d’user de leur voix sans qu’à la fin de leur prestation, sous les applaudissements ravis de l’auditoire, ils se mettent à sourire, à rayonner, à exulter, comme s’ils étaient enfin arrivés au bout d’une longue et épuisante quête ? La quête du bonheur, la recherche du sens caché de la vie, une quête que tout homme normal ne pouvait mener à terme. Mais à vrai dire, pour Clémence, la normalité se résumait à ce qu’elle était, puisqu’elle ne connaissait rien d’autre.

Tout ça pour expliquer que cet « amour », justement, était bien souvent raconté par ces troubadours, et qu’il n’était pas rare que dans leurs récits ce sentiment aille de paire avec une vie de tourments et de désillusions. Il faisait, paraîtrait-il, autant de ravages sur le coeur que la guerre sur le champ de bataille. Mais de l’avis de la jeune femme, il ne s’agissait là que d’une comparaison absurde, au lyrisme déconcertant : quand on voyait le carnage qu’une simple querelle de voisinage pouvait provoquer, on s’imaginait mal que l’amour puisse faire autant de dégâts, même sur un simple plan spirituel. Tout de même, dans le doute, elle préférait fermer son cœur et le rendre le plus insensible possible. Et puis, à quoi cela pourrait-il bien lui servir, d’aimer ? Elle était de toute façon destinée à épouser un homme qu’elle ne connaîtrait sans doute pas. Et c’était pour lui qu’elle devait garder son cœur intact, pur et innocent.

Emergeant de ses plus ou moins douces rêveries elle observa Cristòl s’éloigner et reporta son attention sur les personnes qui commençaient à se faire de plus en plus nombreuses. Ça et là elle entendait parler la langue chantante du pays d’Oc et instinctivement, elle se rapprocha de Louis. Ils seraient au moins deux à ne pas comprendre tout ce qui se disait ici. Mais cela ne lui posait pas vraiment de problème, car si ses oreilles ne lui seraient pas d’une grande aide elle avait toujours ses yeux, perçants et scrutateurs, qui eux ne lui feraient pas défaut en ce jour.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://archivesrr.forumactif.com
Rekkared
Archiviste


Nombre de messages: 3184
Localisation: Carcassonne, Occitanie
Date d'inscription: 16/09/2005

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Mer 16 Avr - 16:32

Skip a écrit:
Un cavalier, vêtue sobrement, arriva à vive allure dans le petit faubourg près du château de Sant-Félix. Le village s'activait et terminait les derniers préparatif pour célébrer leur nouveau Bar. Rapidement l'homme montra son insigne de la Garde d'Argent à un garde qui lui barrait la route puis lui demanda s'il restait de la place dans une auberge. L'homme d'arme lui indiqua une large rue bondé de passant. L'arrivée du soldat ne passera donc pas inaperçus.

Arrivé face au lieux dit, le Garde d'Argent regretta un peu de n'avoir pas penser à réserver une place. L'établissement devant lui semble quelque peu miteux. Probablement la racaille qui s'y tiens la nuit venue. Il faudra faire attention à ce détail.

Descendant de cheval, le Ponot alla trouver le garçon d'écurie et lui donna quelques écus.


-Je veux que tu le brosse et que tu l'abreuve. Ne fait rien de malin mon grand, ou j'en parlerai directement à ton Bar. dit l'homme d'un ton autoritaire en prenant le sac et l'épée accroché au cheval.

Il se dirigea ensuite vers la porte d'entré au dessus de laquelle une enseigne indiquait: "L'Auberge La Licorne Dorée" Un jolie nom pour un établissement à l'apparence aussi délabré. En entrant, l'homme se dirigea vers le comptoir et demanda le tenancier.

-C'est moi-même m'sieur! Qu'est-ce que je peux faire pour vous?

-Je veux une chambre pour y prendre un bain et me changer. J'aimerais aussi pouvoir y dormir ce soir. Quels sont vos tarifs?

-Bah! Pour le bain, déjà, ça vous coutera 6 écus et la chambre 10 écus. Pour la réserver, ça va vous couter 5 écus de plus, mon m'sieur!

-C'est bien parfait pour moi, quoi que un peu chère. Je compte sur vous personnellement pour garder un œil sur les choses que j'y laisserai durant la journée. dit-il tout en sortant une minuscule bourse contenant tout juste ce qu'il faut. Le reste est bien au chaud, près de son cœur. Ne jamais montrer sa véritable fortune lorsque nous somme lui de la maison...

Lorsqu'il eu sont argent, l'ayant reçus d'un homme la donnant à contre cœur et vérifiant le reste, le tenancier se dirigea vers un escalier suivie par le voyageur qui lui emboîta le pas. Celui-ci entra dans la pièce où un mobilier simple et un petit coffre l'attendait. L'aubergiste lui annonça que le bain arriverait bientôt, qu'il pouvait déjà se mettre à l'aise et sortie de la pièce en refermant la porte derrière lui.

Là, le Garde d'Argent laissa tomber son sac et son épée sur la paillasse et entreprit de sortir son uniforme de parade. À l'aide d'une petite brosse, il effaça les plies causé par le voyage et l'entreposage dans ce foutue sac. La prochaine fois, il voyagera en carriole. Plus chère, mais plus pratique.

Le temps qu'il termine de cirer ses chausses de cuire et de polir son épée, celle aux couleur du Languedoc, on frappa à la porte. L'homme, aider de deux cuistots, entra en déposant une petite bassine d'eau tiède. Il demanda si tout était au goût du client et celui-ci répondit de l'affirmative en se dirigeant vers la porte pour les raccompagner et les remercier.

Il prit donc un bain, se frottant bien comme il faut les aisselles et les pieds. Il termina sa préparation en se poudrant légèrement le corps avec du talc parfumé. Il revêtis son uniforme, enfila son épée et plaça son chapeau bien droit. Il était donc prêt.

Tout ce temps, il l'avait passé en sifflotant et en fredonnant des airs de son enfance.

Il alla récupérer son cheval, bien propre et l'air fringuant et donna le reste de sa petite bourse au jeune homme.

Maintenant, ainsi apprêté, le soldat avait l'air d'un grand homme. C'est que l'uniforme de la Garde d'Argent est vraiment très joli. Sur son épaule droite l'écusson de sa caserne d'origine et sur son épaule gauche l'écusson du Languedoc traversé d'un épée argenté. Sur son cœur, la Médaille de la Garde d'Argent, poli et lustré. Il enfourcha son cheval et salua le garçon d'écurie en se dirigeant vers le château.

Enfin!

Il arriva devant la porte et, laissant son cheval à un homme d'écurie au couleur de St-Félix, se présenta au garde.


-Bonjorn! Je suis Skip Lo Casalièr! Garde d'Argent! Je viens pour la cérémonie et offrir un présent au futur maître de la maison, Sènher Cristòl de Sìarr.

Patiemment, Skip attendit que le garde le laisse passer. Le tract commence à le prendre. Il réalise qu'il sera fort probablement le seul non noble de la cérémonie, sauf, peut-être, les serviteurs direct des nobles présent. Malgré que le Bar Rekkared lui ait spécifié que tous, de quelque rang qu'il soit, pouvaient ce présenter, le Ponot se doutait bien qu'aucun autre n'aurait oser faire comme lui. C'est donc avec des tiraillements dans le ventre qu'il attendit la réponse du garde. À l'intérieur, il espérait bien pouvoir tomber sur le Maréchal LeGueux. Celui-ci pourra surement le présenter aux autres. Il le lui demandera très certainement.

Juste avant la réponse du garde, Skip vérifia une dernières fois, probablement la centième depuis qu'il est partie du Puy-en-Velay, si la fiole d'élixir était toujours près de son cœur. Il ne fallait pas qu'il ait fait tout ce voyage pour au final ne pas pouvoir accomplir ce qu'il était venue faire ici, ou du moins en parti. Il s'en aurait voulu à mort, très certainement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://archivesrr.forumactif.com
Rekkared
Archiviste


Nombre de messages: 3184
Localisation: Carcassonne, Occitanie
Date d'inscription: 16/09/2005

MessageSujet: Re: [RP] Cérémonie de transmission de titres   Mer 16 Avr - 16:32

LeGueux a écrit:
Ils entrèrent de concert dans la salle, et furent accueillis par le baron et son fils. Il remarqua la présence des Axat et du vicoms de Cauvisson accompagnant son épouse, fait rare, et s'en félicita intérieurement.
Une jeune fille, aussi, inconnue, aux cotés du Vicoms.

Il répondit à ses hôtes :


Mercé, es totjorn gaug vènguer aicital. Il enchaina en langue d'Oïl par respect pour le vicoms qui ne devait pas saisir tout des paroles échangées.
Venir vous visiter, vous et mon filleul, ne peut être qu'agréable voyage, surtout quand on en profite pour visiter la plaine en profitant des premiers soleils.
Et sachez que même si mes fonctions n'avaient rendu ma présence obligatoire, vous y auriez tout de même eu droit Pour les mêmes raisons que les présents ici même.


Il salua ensuite les Axat :
Donà MarieDouce, messer Djahen, Adissiatz !
Benastram veser vos aici !

De nouveau il reprend en Oïl, ce qu'il sait que son vassal n'aime que peu. Vous voir ici nous enchante, mon épouse et moi.

Se tournant ensuite vers les Cauvisson

Il en va de même pour vous, d'autant plus vous sachant peu enclins aux mondanités en ce moment. Le bonjour, Vicoms, vos sorties sont rares, et n'en sont que plus appréciées.
Il se permit un clin d'oeil à la fleur d'Oc.
Donà, solelhatz ! Vous êtes rayonnante ! Puis plus bas sur le ton de la confidence, se rappelant de la dernière cérémonie d'allégeance : avètz capitat agandir vostre òme, òsca. Vous me présentez cette jeune fille ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://archivesrr.forumactif.com
 

[RP] Cérémonie de transmission de titres

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Archives de l'ermitage Saint-Antoine de Galamus :: Domèni de la Mainada de Síarr - Domaines de la Maison de Síarr :: Baroniá de Sant Fèliç - Baronnie de Saint-Félix :: Baroniá de Sant Fèliç (Baronnie de Saint-Félix)-
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.