Pas d'armes de l'automne 1455 à Saint-Félix (3e pas d'armes) : le pas de la fontaine de Barenton Un crieur public vint annoncer :« OR OYEZ, OR OYEZ, OR OYEZ,
Faisons savoir à tous princes, seigneurs, barons, chevaliers et écuyers de la marche de l'Isle de France, de la marche d'Alençon, d'Angoumois & Périgord, d'Anjou, d'Artois, d'Auvergne & Bourbonnais, de Berry, de Bourgogne, de Champagne, de Dauphiné & Lyonnais, de Flandres, de Guyenne, de Languedoc, du Limousin & de la Marche, du Maine, de Normandie, d'Orléans, de Poitou & aussi de Touraine, & à tous autres de quelconques marches qui soient de ce royaume et de tous autres royaumes se réclamant de la religion d'Aristote, s'ils ne sont bannis ou ennemis du Roy notre sire à qui Dieu donne bonne vie, que
depuis ce XXIe jour de septembre de l'an MCDLV [
21 septembre 2007]
& ce, jusqu'au XXIe jour de décembre de ladite année [
21 décembre 2007],
au champ clos du domaine de Saint-Félix, à la fontaine dite pour la circonstance de Barenton, sera un grandiose & très noble pas d'armes, frappé de lances de frêne, et épées rabatues, en harnois propres pour se faire, en timbres, cottes d'armes et housses de chevaux armoriées des armes des nobles tournoyeurs, ainsi que de toute ancienneté est de coutume ;
Duquel pas d'armes est entrepreneur, héraut & juge le très humble baron de Saint-Félix, & le
gardien de pas, le très haut & très puissant prince & très redouté seigneur qui aura accepté le premier de défendre ladite fontaine de Barenton,
puis à son tour, celui des champions qui aura vaincu le précédent gardien de pas ;
Et pour se faire, faisons savoir à
tous princes, seigneurs, barons, chevaliers et écuyers des marches susdites, & autres de quelconques nations qu'ils soient, non bannis ou ennemis du Roy, notre dit seigneur,
qui auront vouloir et désir de tournoyer pour acquérir honneur, qu'ils portent des petits écussons qu'ici présentement donnerai, afin que l'on connaisse qu'ils sont des tournoyeurs. Et pour ceux en demande qui en voudront avoir ;
lesquels écussons portent les armes d'Yvain, dites d'azur au lion d'or, armé et lampassé de gueules, qui est chevalier de la table ronde, celui que les tournoyeurs incarneront tour à tour lors dudit pas d'armes.
Et audit pas d'armes, il y aura un noble et riche prix pour le vainqueur donné.Outre plus, nous annonçons à
vous tous princes, seigneurs, barons, chevaliers et écuyers
qui avez intention de tournoyer, que vous êtes tenus vous rendre au jour de votre pas d'armes, avec vos armoiries arborées ; & ceci vous faisons savoir de par monseigneur le juge diseur, et nous pardonner s'il vous plaît. »
Et le crieur de montrer un exemplaire de dudit écusson d'Yvain : 
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Sources :
- Chrétien de Troyes (113. ? - 1183),
Le chevalier au lion ou le roman d'Yvain, "Lettres gothiques", Librairie Générale Française, Paris, 1994, 476 p. ;
- PASTOUREAU Michel,
Armorial des Chevaliers de la Table Ronde : étude sur l'héraldique imaginaire à la fin du Moyen Age, Le Léopard d'or, Paris, 2e éd. 2006 (1re éd. 1983), 236 p. ;
- René I le Bon, duc d'Anjou (1409-1480),
Traité de la forme & devis d'un tournoi, (v. 1450 ?), In-folio, 70 p.